Welcome to America
Il temps de plonger dans le passé, et ce week-end je vous propose de vous emmener plusieurs années en arrière. Certains d’entre vous, n’étaient pas nés d’ailleurs. Je ne donnerais pas de nom mais simplement ELLES ont, soit une peau verte, soit une hyène pour amie. Je n’en dirais pas plus…
Si vous suivez mes aventures blogesques depuis le début, vous aurez appris que pendant de nombreuses années, je pratiquai le très demandant métier de berger d’enfants (baby-sitter si vous voulez).
Non, je n’étais pas un « Au Pair », mais simplement, un travailleur illégal parmi les autres. Arrivé à les zeta zunis avec simplement une adresse, un numéro de téléphone, et une valise en croco, je dus poireauter plus de quatre heures dans l’aéroport avant de me faire récupérer par ma famille d’accueil. En fait de famille d’accueil il s’agissait d’une mère divorcée en fort mauvaise santé, et de son petit garçon de 8 ans. Je ne parlais quasiment pas anglais, et je disposais d’un visa touriste de 6 mois. Je me souviens plutôt bien du passage à l’immigration. J’avais demandé un visa de 9 mois au patibulaire douanier. Aussitôt, ils m’avaient envoyé dans un second bureau pour un nouvel entretien où l’on m’avait demandé pourquoi je voulais rester plus longtemps que les 6 mois autorisés.
« Ben vous voyez, je dispose de 280 millions de francs (rappelez-vous c’était y’a longtemps) obtenu suite à un commerce d’animaux exotiques un héritage, et j’ai pensé passer du temps – et de l’argent, dans votre absolument merveilleux pays où les gens sont merveilleux. D’ailleurs vous, vous êtes merveilleux, et puis votre collègue, là, même s’il est vraiment obèse, ben moi je le trouve merveilleux. En y pensant, je n’ai jamais vu un bureau si merveilleux, avec des sièges si merveilleux. Je suis certain que votre arme, elle est merveilleuse aussi. L’air sent si merveilleusement bon dans ce merveilleux pays des merveilles. »
« Bon ça va dégagez ! Les voilà vos six mois »
Avec ce cirage de chaussures en bonne et due forme, ils ne purent que me laisser filer. Rappelez-vous, je négocie plutôt bien. Pendant un an, je m’occupai du petit, participant à toutes les activités de l’enfant, lavant son maudit linge, devenant soudainement « entraîneur de foot » (Français = joueur de foot – Français = buveur de vin ; Français = mangeur d’escargots ; Français = séducteur « de la mort »). Ces six mois furent une réelle expérience car à cette époque-ci les moyens de communications outre-atlantique n’étaient pas aussi bien développés que de nos jours. Ma môman me manquait ! Combien de bouteilles ai-je jeté dans la mer? Combien de pigeons se sont perdus entre le Labrador et la côte du Groenland?
Ce ne fut pas aisé d’être loin de ses repères culturels, surtout à mon âge avancé.
Il me fallu apprendre une nouvelle langue, certes, il me fallu apprendre à m’adapter à une nouvelle culture, certes, mais plus que tout, il me fallu mettre en place un plan de bataille pour m’assurer que le petit morveux m’obéisse au doigt et à l’œil. Le premier soir où nous dînâmes ensemble seuls - la mère étant parti goûter des breuvages fermentés avec ses accointances du moment, ce petit ladre trouva original d’aller vider son assiette de viande derrière un des fauteuils du salon tandis que j’étais allé uriner. Seulement, ce n’était pas sans compter sur deux choses :
# 1 : Je l’avais déjà fait ce coup là (les cicatrices dorsales étant présentes pour me le rappeler)
# 2 : Ma chambre se trouvant au sous-sol et la maison disposant d’un sol aussi épais qu’une tranche de jambon, j’avais entendu l’animal se déplacer.
# 3 : Impossible d’avaler 650 grammes de filet mignon en moins de deux minutes.
Même si je n’osai pas lui faire avaler la carne couverte de poils de moquette, je me dis que ce travail allait être « challenging ». Cependant, les jours et les semaines passèrent et nous arrivâmes à développer une réelle amitié l’un avec l’autre. Au bout d’un mois il allait chercher la balle quand je la lui lançait, au bout de trois il mangeait ses croquettes plutôt facilement, au bout de quatre mois « assis, couché, va chercher » était très bien compris en français. Seulement, les six mois arrivèrent, et d’un commun accord, je décidai de prolonger mon « contrat » pour encore six mois. La mère m’acheta un billet A/R sur une compagnie aérienne Pakistanaise, et je pus revoir ma famille pendant une quinzaine de jours. Les six mois suivant passèrent très rapidement, trop rapidement. En effet, j’étais entre temps tombé terriblement amoureux de ma future femme. Il fallait que je reste encore « un peu » pour voir si, pour voir si…enfin pour voir si ça pouvait, you know, marcher…A la fin du mois de juillet, je décidai de quitter la famille pour une autre famille qui m’annonçait encore plus de liberté et encore moins de travail. A SUIVRE.
MON PREMIER FILM ICI: