Vie privée, vie publique
J’avais décidé de mettre ces fameuses photos de cheveux aujourd’hui, mais voyant combien je suis harcelé ces derniers temps, j’ai préféré attendre vendredi. Vous aurez ainsi tout le week-end pour vous remettre de vos émotions. Et croyez-moi, je vous en prépare de belles. En fait, j’ai décidé de mettre mes photos de cheveux à 3 heures du matin vendredi. Toutes les 15 minutes, je ferais disparaître un morceau de la photo, et deux heures plus tard, il ne devrait plus rien avoir.
On n’a rien sans rien comme disait Juste Fontaine, gniark, gniark !
Quand arriva le mois de septembre, j’étais reposé, halé, et prêt pour ce nouveau job, et cette nouvelle famille. La transition, contrairement aux autres familles (il s’agissait de ma quatrième quand même) se fit plus rapidement car ce je traînais chez eux depuis quelques mois. Disposant d’un appartement à moi, j’avais le sentiment d’avoir une certaine indépendance et de commencer une vie ici. Le chemin parcouru depuis mon arrivée, ressemblait aux contes de fée que vous lisez dans Télé 7 jours vacances.
J’avais ma princesse, mon château, j’étais comblé.
Mes journées en semaine étaient plutôt calmes puisque je devais aller à la maison vers 7h, préparer le petit (nourrissage et décapage), le conduire à l’école, avant d’aller à mon tour à la fac. Suite à ces exercices intellectuels, je partais m’entretenir physiquement pour une heure ou deux. Enfin, je mangeais deux graines dans la voiture puis je récupérerais le petit vers 15h. Ma journée se finissait vers 21h30 ou plus tard en fonction des « besoins » de la famille.
Le week-end, nous étions presque toujours partis quelque part. Depuis que leur fille avait décidé de se consacrer entièrement à l’équitation – A noter qu’elle est une des meilleures cavalières américaines (Objectif JO 2008 voire 2012). Nous allions souvent dans leur ferme. Enfin, leur ferme, il s’agit autant d’une ferme que la « Starrak » est une émission de télévision. On y trouve uniquement des purs sangs qui valent leur poids de croquettes et d’injections. (Vers le million de dollars pour un canasson. Sachant que la jeune fille en dispose d’une bonne quinzaine, ben oui, il faut tourner, je n’ai pas besoin de vous dire que ce sont des gens aisés, hein ?)
Bref, ces week-ends à la ferme étaient l’occasion pour moi de me ressourcer car nous ne bougions pas vraiment. Je pouvais jouer à NFL Madden, le jour avec le petit, et à « Resident Evil » la nuit, seul.
De temps en temps je faisais des week-ends un peu plus originaux pour aller au SuperBowl, ou au NBA All Star Game, ou à une première d’un film, ou d’un show à New York. Lors de ces moments là, je faisais mes « coches » de vedette. J’ai le souvenir deux stars en l’occurrence. Denzel Washington assis devant moi, dans le Jet nous ramenant à la maison, complètement défoncé et bavant dans son sommeil. Oui, j’aurais bien voulu avoir un appareil digital. Le second souvenir fut une partie d’échec avec Morgan Freeman : mémorable ! (il m’a mit ma tannée l’animal).
Pour les vacances de Noël, nous allions à chaque fois passer une quinzaine de jours dans la maison qu’ils avaient à Anguilla. Dans ce « resort » exclusif j’eus l’occasion de faire quelques coches intéressantes (PPDA en short et tout rosi par le soleil entre autre). En fait, je détestais cette quinzaine. N’étant pas fan des îles Caraïbes, ces 15 jours correspondaient à 24h d’ennui mortel. No break. Combien de châteaux de sable peut-on faire en 15 jours ?
Plus tard, voyant que la fille faisait de gros progrès en équitation, ils décidèrent d’investir dans une autre « ferme » à West Palm Beach en Floride. Pendant tout l’hiver nous faisions la navette entre Washington et West Palm. Nous prenions leur avion privé le vendredi et rentrions le lundi. Quelle vie, hein ?
Oui quelle vie…Leur vie. Ma vie sociale était nulle, ma relation avec Yanna en pause, je ne parlais que de dollars, et j’avais perdu contact avec la réalité quand je discutais avec mes amis :
« Tu parles, on bouffe encore du homard ce soir. Et vraiment les voyages en Gulfstream sont pénibles ces derniers temps. »
Tout allait bien dans le meilleur des mondes jusqu’au jour où, jusqu’au jour où. Et là je suis en train de me demander si je vous ponds un A SUIVRE ou bien, je continue…Comme je suis une sale petite pourriture de merde et que j’aime bien vous savoir pester à l’autre bout « del Mundo Tropical y Banal », je vous retrouverai demain pour enfin, promis juré craché ma vraie photo avec des vrais cheveux…pas de montage. Bien sûr, si entre temps je suis victime d’un arrêt cardiaque ou d’un accident de bicyclette, il faudra vous contenter de celle-ci. A SUIVRE