le linge en rit encore
Il y a quelques jours encore, je vous disais combien les vêtements et moi faisions bande à part, ou plutôt part de bandes.
Seulement, même si la vie à l’air nu dans les prés m’enchante fortement, ou plutôt la vie des prés nus dans l’air m’enchante fortement, l’herbe ça pique. Et puis, l’hiver tout semble perdre en volume. Au cas où ne le saviez pas, le froid a tendance à faire fondre ? Diminuer ? Disparaître ? Rétrécir les bourses masculines au point de les faire ressembler à de petits (tout petit même) M&M’s (attention cela peut choquer les plus jeunes lecteurs). Pour cette unique raison, les hommes préhistoriques ayant bien compris que pour attirer les diverses femelles de la troupe, il fallait cacher son attribut, décidèrent, lors de leurs migrations vers des latitudes nordiques, d’opter pour des pelisses de chats de chez « Chatnel ». Quand ces dernières avaient fait leur usage, ils allaient simplement chasser un autre félin, un mammouth, et se taillait un sous-pull, une salopette, ou un pantalon pat d’ef’ (trop fort dans un mammouth) dans la peau de la créature.
Et puis virent les fripes en lin et les lins fripés, les laines qu’on tond, les cotons qu’on aime, la laine pas fraîche, et les soies soyeuses seyant si bien aux fées.
Enfin, nous arrivâmes au nylon, polyester et autres fibres qui composent aujourd’hui 117% de notre garde-robe.
Au même titre que la mécanique me provoque des poussées de pustules sous les aisselles, le lavage de linge provoque en moi un gonflement des ganglions lymphatiques et des saignements de nez fort embarrassant.
C’est vrai ça ? Quelle plaie ! Pourquoi laver ses vêtements d’abord ?
A partir d’aujourd’hui, je refuse absolument de laver mes vêtements.
J’ai déjà essayé, vous me direz, et ce pendant un mois, mais on me regardait bizarrement dans le métro, et ma femme n’osait même plus manger son Kloug (colmatté avec du schpountz bien sûr!) quand je descendais dans la cave.
Pourquoi ne brûlerions nous pas nos sales slips crottés ?
Pourquoi ne brûlerions nous pas nos chaussettes craquantes et nauséabondes ?
Pourquoi ne brûlerions nous pas nos t-shirts jaunis à la jonction du bras et de l’épaule ?
A vos torches citoyens !
Avec l’invention de la « machine-à-prétendre-que-les-fringues-sont-propres », ce fut la révolution dans les ménages. Les hommes avaient ENFIN plus de temps avec leurs femmes pour, pour, pour…ben oui, pour vous savez, le vendredi soir…
C’était la fin des tours au lavoir et des coups de battoirs.
Cependant quand « il n’y a plus rien à se mettre » (et que le porte-monnaie est maigre), la femelle se décide de « faire une machine » comme on dit dans le langage familier. Notez que « faire une machine » n’a absolument aucun sens d’un point de vue sémantique. On pourrait tout à faire dire lorsque nous allons aux toilettes : « Monsieur le Président, mes chers compatriotes, excusez-moi, mais je vais faire une machine ! »
Revenons à nos chiffons…
Cette révolution fut suivie par l’invention de le sèche de le linge . Dans un premier temps, la nature servit (et sert toujours) de sèche-linge naturel. Le soleil et le vent étant nos alliés - A noter que si vous habitez en milieu rural profond vous étendez encore vos fripes à la vue des voisins, et autres visiteurs. Combien d’heures ai-je passé les jumelles à la main à admirer les slips et les soutiens-gorge de ma voisine, tout en imaginant ce qu’il y avait à l’intérieur. « Purée c’est donc pas des implants mammaires qu’elle a ! Zut alors, le mythe s’effondre ! » Oh je vous vois me juger, mais c’est mieux que le catalogue de la Redoute page 456 quand même!
Donc je disais que le sèche-linge à révolutionner le nombre de machine qu’une famille fait pas semaine CAR on peut laver ses fringues autant qu’on le veut, encore faut-il les sécher ! Ah ha ! Vous n’y aviez pas pensé à ça ? Ben oui, essayez de porter des fringues mouillées l’hiver, c’est la pneumonie assurée!
Pour terminer dans ce domaine des trucs qu’on doit faire mais qu’on ne doit pas vraiment faire. (vous me suivez ?) Je dirais que les fringues lorsqu’elles sortent du sèche-linge, elle sont certes, sèches, archi-sèches que même, mais chiffonnés comme une feuille de papier d’aluminium dans laquelle vous faites cuire vos pomme de terre à la braise. C’est inhumain ! Qu’on abatte les sèche-linge sur le champ !
Comme si ces efforts de lavages et séchages n’étaient pas suffisant, bien souvent il faut faire le repassage. Non mais franchement ça je déteste. D’ailleurs, JE NE REPASSE JAMAIS, enfin si, je repasse juste mes chaussettes car les petits plis me gênent quand je mets mes sandales. Mais qui m’a inventé le repassage ? Qu’on me donne son adresse email que je le spim, spam, spoum !
Je vous le dis alors camarades :
Joignez-vous à moi, ou joignez moi à vous, et déclarons cette journée :
La journée mondiale de le brûlement de les fripes. (Un Euro sera versé, pour chaque vêtement détruit, à ce groupuscule )