Il est né le divin Enfant
Oh ouiiiiii ! La naïveté a quelque chose de magnifique. Le problème c’est qu’elle ne dure jamais assez longtemps. Vous serez tous d’accord avec moi pour avoir déjà vécu la perte de votre naïveté lorsque vous avez appris que le père Noël vivait non pas en Laponie mais 1600 Pennsylvania Avenue , que la petite souris était en fait un gros rat gris griffonnant des graffitis grossier sur la grille de grandes grognasses, et que les cloches de Pâques étaient, ben les cloches de Pâques ! Ayant l’ultime joie d’avoir à ma disposition mon naïf de fils autour de moi chaque soir, je me dis qu’il a de la chance de vivre au jour au le jour ce petit d’homme !
« Dis papa, c’est quoi ce dessin ? »
« Hein ? Un bus »
« Dis papa, et ça c’est quoi ? »
« Dis papa, c’est quoi ce dessin ? »
« Hein ? Un bus »
« Dis papa, et ça c’est quoi ? »
« Les roues du bus »
« Dis papa, et c’est quoi ça ? »
« Les fenêtres du bus »
« Dis papa, et ça sert à quoi ça? »
« Ce sont les rétroviseurs. Il servent à savoir ce qui est derrière toi quand tu conduis un bus.»
« Dis papa, et ça c’est quoi ? »
« Un grand bus, blanc, avec des grosses roues, des fenêtres, des rétroviseurs. Il fait vroum, vroum. Il est plein de passagers qui vont au travail tu vois. »
« Dis papa, et c’est quoi ça ? »
« Les fenêtres du bus »
« Dis papa, et ça sert à quoi ça? »
« Ce sont les rétroviseurs. Il servent à savoir ce qui est derrière toi quand tu conduis un bus.»
« Dis papa, et ça c’est quoi ? »
« Un grand bus, blanc, avec des grosses roues, des fenêtres, des rétroviseurs. Il fait vroum, vroum. Il est plein de passagers qui vont au travail tu vois. »
« Dis papa, c’est quoi ça ? »
« Ta gueule, tu me fatigues avec tes questions, tu ne vois pas que je suis en train de faire caca ? Va voir ta mère » (je blague, je ne parle JAMAIS comme ça, ok ? je dis juste : "va voir ta mère") Dire que nous sommes tous passés par ce stade là, ce n’est pas magnifique ça ? « Il pleuuuut, il pleuuut bergèèèèrrrrrrrrruuuuuuuuu… rentreuuuu sinoooon tu vas chooooooooper une grippe avi-aiiiiiiiireuuuuuu! »
« Ta gueule, tu me fatigues avec tes questions, tu ne vois pas que je suis en train de faire caca ? Va voir ta mère » (je blague, je ne parle JAMAIS comme ça, ok ? je dis juste : "va voir ta mère") Dire que nous sommes tous passés par ce stade là, ce n’est pas magnifique ça ? « Il pleuuuut, il pleuuut bergèèèèrrrrrrrrruuuuuuuuu… rentreuuuu sinoooon tu vas chooooooooper une grippe avi-aiiiiiiiireuuuuuu! »
Quelle introduction, hein ? De quoi voulais-je parler ? Aaaaaaaah, oui, de la naïveté.
Et bien voilà mesdames et messieurs, je l’avoue benoîtement, j’ai été naïf. Oh, jetez moi une pierre ponce si vous y tenez, mais au moins j’ai le courage d’avouer mes faiblesses.
Il y a quelques années, je croyais que l’achat d’une maison était aussi simple que l’achat d’une livre de sueur, d’un réabonnement à Paris-Match, ou d’une once de crack. Oui, oui, je croyais ! Les étapes semblaient niaises : tu trouvais une belle bâtisse, et pouf ! Tu faisais un gros gros gros GROS chèque après avoir promis juré craché sur la vie de ta tortue « Ciboulette » que tu paierais, loyalement, et ça mensuellement une somme fixée. Bien évidement, le remboursement se ferait sans intérêts, puisqu’à cette époque les intérêts pour mon être n’étaient qu’un mot vague et vulgaire (id est : « T’as intérêt à fermer ta boite à camembert sinon je te casse la gueule à la récré…
Donc, lorsque ma femme et moi avons commencé notre recherche la candeur, la crédulité, et la naïveté me couvraient le bas du dos.
Donc, lorsque ma femme et moi avons commencé notre recherche la candeur, la crédulité, et la naïveté me couvraient le bas du dos.
Or, j’ai vite mûri au pâle soleil d’hiver.
Il y avait des étapes à suivre, aaaaah ? Et lesquelles mon adjudant ?
Dans un premier temps, il nous fallait trouver un « nageant » comme ils disent dans le milieu – pas une personne disposant du brevet de nageur sauveteur, mais plus qualifiée dans la chasse et la quête de propriétés. Et des « nageants » nous en avons eu notre lot de caisse de céleri. Nous en avons connu, ou plutôt consommé quatre durant notre quête.
Laissez-moi vous compter notre histoire.
Laissez-moi vous compter notre histoire.
Notre premier « nageant », une dame fort respectable, appelons la Mireille Matthieu, fut certainement plaisante durant notre entretien téléphonique. Cependant, lors de l’actuelle rencontre, je me suis aperçu quelle était trop âgée pour s’occuper de nous les petits « jeunes » avec 20 questions à la minute. « Dis, c’est quoi ça ? Et ça ? Et ça là ? Et ça pourquoi c’est là ? Et là ? Là ? Là ? Là ? Là ? Ah oui ? Et pourquoi ?»
Finalement, la pauvre a craqué quand j’ai osé lui demander à quoi servaient les meurtrières et les mâchicoulis dans la bâtisse que nous visitions. Mireille n’a pas tenu beaucoup plus longtemps que la cuisson d’une tourte au poireau.
Au suivant.
Finalement, la pauvre a craqué quand j’ai osé lui demander à quoi servaient les meurtrières et les mâchicoulis dans la bâtisse que nous visitions. Mireille n’a pas tenu beaucoup plus longtemps que la cuisson d’une tourte au poireau.
Au suivant.
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