Morve au nez et yeux rougis
Vous rappelez-vous le premier jour où vous avez fait votre rentrée scolaire ? Je vous pose cette question car je suis quasiment certain que la majeure partie de mes lecteurs ont plus de 30 ans, et que donc de ce fait, le souvenir de leur premier jour d’école est aussi clair que les discours de George W. Bush ou que les articles scientifiques de Paris-Match. Me trompé-je ? Pour les petits jeunes, laissez un commentaire en bas où il y a marqué commentaire. Je vous expliquerai et je vous enverrai expressément un paquet de lentilles (ou de pois chiche) - Tout frais payés. Offre valable aux 10 premiers commentaires. Un par famille. Cette offre est sponsorisée par le syndicat pour la promotion des lentilles : « Mieux voir avec les lentilles »
Je me souviens très bien moi de ma rentrée. C’était un jeudi matin, j’avais six ans. Il faisait doux en ce jour de septembre. L’air de la Beauce portait encore l’odeur de la rosée, et du purin de porcelet.
Petit Poème - Pouf, pouf !
Je me souviens très bien moi de ma rentrée. C’était un jeudi matin, j’avais six ans. Il faisait doux en ce jour de septembre. L’air de la Beauce portait encore l’odeur de la rosée, et du purin de porcelet.
Petit Poème - Pouf, pouf !
Ô Beauce !
Ô toi pays de ma naissance.
Ô Beauce !
Ô Beauce !
Ô que tu es belle avec tes champs de blés
Ô que tu es belle avec tes champs de betteraves à sucre.
Ô Beauce que ta lumière est douce les soirs d’étés quand il fait chaud et que le soleil disparaît à l’horizon sous les bourdonnements des moissonneuses dans la nuit noire de la Terre.
Ô Beauce !
Ô Beauce !
Alors ce premier jour ? Tiens, je me souviens aussi que les hirondelles formaient une portée sur les fils électriques nouvellement installés dans notre rural village – notre première ligne est arrivée en 1974 ; j’avais six ans. Tout autour de moi de petits êtres affolés, bardés de cartables en cuir noir, collaient leurs mères comme des abeilles autour du miel ou comme des mouches autour de selles. Au fur et à mesure que l’heure de la séparation approchait et que je réalisais que je n’allais plus revoir ma mère pendant au moins trois heures, l’étreinte augmentait. Puis, en moins de temps qu’il en faut pour lire Paris-Match (Caramba, deux fois Paris-Match dans un article !) je me voyais entraîné dans un établissement nouveau par des mains bien trop grandes et fortes moites. Je hurlais . Je me débattais. Je criais. Morve au nez et yeux rougis, mon plaidoyer ne suffit point.
Dans un ultime effort, j’essayais d’échapper à l’emprise de ma maîtresse en me roulant par terre convulsivement comme saisi par une crise d’épilepsie. Or, rien n’y fit. La main calleuse et ferme m’emprisonnait. Ma préceptrice annonça alors à ma mère de ne pas s’inquiéter, et que :
« C’était l’âge. Ça passera. »
Cela n’a jamais cessé puisque jusqu’en terminale A, ma mère m’a accompagnée chaque matin à l’arrêt de bus, en portant mon cartable et mon sac de bille. Tout ça, morve au nez et yeux rougis.
Ô toi pays de ma naissance.
Ô Beauce !
Ô Beauce !
Ô que tu es belle avec tes champs de blés
Ô que tu es belle avec tes champs de betteraves à sucre.
Ô Beauce que ta lumière est douce les soirs d’étés quand il fait chaud et que le soleil disparaît à l’horizon sous les bourdonnements des moissonneuses dans la nuit noire de la Terre.
Ô Beauce !
Ô Beauce !
Alors ce premier jour ? Tiens, je me souviens aussi que les hirondelles formaient une portée sur les fils électriques nouvellement installés dans notre rural village – notre première ligne est arrivée en 1974 ; j’avais six ans. Tout autour de moi de petits êtres affolés, bardés de cartables en cuir noir, collaient leurs mères comme des abeilles autour du miel ou comme des mouches autour de selles. Au fur et à mesure que l’heure de la séparation approchait et que je réalisais que je n’allais plus revoir ma mère pendant au moins trois heures, l’étreinte augmentait. Puis, en moins de temps qu’il en faut pour lire Paris-Match (Caramba, deux fois Paris-Match dans un article !) je me voyais entraîné dans un établissement nouveau par des mains bien trop grandes et fortes moites. Je hurlais . Je me débattais. Je criais. Morve au nez et yeux rougis, mon plaidoyer ne suffit point.
Dans un ultime effort, j’essayais d’échapper à l’emprise de ma maîtresse en me roulant par terre convulsivement comme saisi par une crise d’épilepsie. Or, rien n’y fit. La main calleuse et ferme m’emprisonnait. Ma préceptrice annonça alors à ma mère de ne pas s’inquiéter, et que :
« C’était l’âge. Ça passera. »
Cela n’a jamais cessé puisque jusqu’en terminale A, ma mère m’a accompagnée chaque matin à l’arrêt de bus, en portant mon cartable et mon sac de bille. Tout ça, morve au nez et yeux rougis.
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