Une jolie bille !
Vous avez peut-être oublié votre premier jour de rentrée mais vous souvenez vous de votre premier amour ?
Je m’en souviens très bien. C’était un jeudi matin, j’avais six ans. Il faisait doux en ce jour de septembre. L’air portait encore l’odeur de la rosée et du purin de porcelet.
Profitant de la pause café entre deux aditions, et des lignes de M en minuscule, je l’avais aperçue. On discutait avec les copains des possibilités de détrousser le petit nouveau de ses sphères de terre. Ok, je me vois d’expliquer à nouveau pour les petits jeunes que « de mon temps », on jouait aux billes à la récré. Pas de Pokemon, pas de Digimon, pas de PSP, pas de crack (oh si y’avait du crack) - Rien de ce qui passionne les petiots de nos jours. Il y avait celles en terre (les moins coûteuses), celles en verre, et celles en métal (les plus recherchées - ce n’était que des roulements d’un quelque monstres mécanique.) Nous passions nos récrés à pratiquer les jeux les plus complexes avec ces petits objets, source de toutes les envies, loin d’imaginer qu’un jour George W. Bush deviendrait président des Etats-Unis ! (Surtout cliquez sur le lien!)
Elle, elle est arrivée un matin, morve au nez et yeux rougis. Comme nous.
Elle portait un pull orange avec un vieux velours violet vibrant au vent. Elle m’a regardé jubiler devant mes billes en terre, l’air un peu embarrassée, ses doux yeux noisette faisant aussitôt craquer ma coquille. Puis, j’ai souri benoîtement, et mes joues se sont empourprées. Elle a enchaîné par un clignement de l’œil droit derrière ses lunettes à double foyer. C’est à ce moment-ci que j’ai senti mon cœur fondre comme honni soit qui mal y pense. Elle m’a invité à partager son goûter —des BN aux carottes. J’ai timidement accepté, fort maladroit, je dois le reconnaitre.
On a ri en feuilletant Paris-Match. On a joué à la marelle américaine (une seule case comme ça il n’y a que des winners). On a chanté : « La maîtresse elle est poilue et elle pue des...fesses ! ». (Oh, oh, je vous voir venir, là hein ? On n’était pas vulgaire à notre âge, non mais !) Enfin, on a terminé en dansant une bourrée pieds nus sous le préau. Et puis lorsque la cloche annonçant la fin de la récré a retentit, je lui ai fait une bise innocente sur sa joue rubiconde. C’est à ce moment précis que la sorcière de maîtresse m’a attrapé l’oreille, et m’a tiré violement vers elle, comme on tire un mouchoir glaireux de ses narines pleines. Tout ça pour me vilipender de mon outrecuidance face à la virginité de ma compagne de cour. Finalement elle s’est éloignée vers son antre tout en maugréant dans sa barbe :
On a ri en feuilletant Paris-Match. On a joué à la marelle américaine (une seule case comme ça il n’y a que des winners). On a chanté : « La maîtresse elle est poilue et elle pue des...fesses ! ». (Oh, oh, je vous voir venir, là hein ? On n’était pas vulgaire à notre âge, non mais !) Enfin, on a terminé en dansant une bourrée pieds nus sous le préau. Et puis lorsque la cloche annonçant la fin de la récré a retentit, je lui ai fait une bise innocente sur sa joue rubiconde. C’est à ce moment précis que la sorcière de maîtresse m’a attrapé l’oreille, et m’a tiré violement vers elle, comme on tire un mouchoir glaireux de ses narines pleines. Tout ça pour me vilipender de mon outrecuidance face à la virginité de ma compagne de cour. Finalement elle s’est éloignée vers son antre tout en maugréant dans sa barbe :
« Qu’est-ce que ces joutes, mon petit Pascal ? Ça doit être l’âge, hein ? »
Snif !
Snif !
Je l’aime encore ma petite Chupa Chup.
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