Le premier Empereur
AVIS AUX LECTEURS ! AUCUNE PERSONNE N’A ETE BLESSE PENDANT L’ECRITURE DE CET ARTICLE.
La crise des deux ans effraie chaque parent. Comme le disent tous les livres de pédopsychiatrie que je lis avidement chacun matin sur mon trône, un enfant pour bien se développer a besoin de s'exprimer . Il le fait vers l’âge de deux ans en manifestant un esprit de contradiction hors du commun - hors du commun ou ailleurs, hein ? Je suis absolument d’accord avec ce principe d’expression personnelle, mais à la seule condition de pouvoir continuer d’étaler ma collection philatélique sans voir mes bouts de papiers voler aux quatre vents. Non mais sans blagues ! Car cela ne rate pas, lorsque le petit seigneur à décider que je DOIS le servir TOUT DE SUITE, MAINTENANT, SUR LE CHAMP, il me menace, et c’est le risque de le voir se ROULER par terre et de se mettre à HURLER à tue tête des borborygmes outrancier. Dans ma banque de données cérébrales (ma mémoire) j’ai le souvenir de l’épisode suivant :
- « Papaaaaaaaaaaaaa ! »
- « Quoi mon chéri ? » Répondais-je mes yeux rivés sur la dernière couverture de Paris-Match
- « Je veux des bonbons !» M'annonçait d'un ton impérial le petit homme
- « Non, les bonbons avant le déjeuner ce n’est pas une bonne chose. Et puis, tu ne veux pas avoir de caries, hein ? » Expliquais-je le plus amicalement du monde.
- « Papaaaaaaaaaaaaa, je veux DES bonbons. TOUT DE SUITE ! MAINTENANT, NOOOOW !» Hurlais le gueux
- « Non ! » Répliquais-je d'un ton ferme et sans équivoque.
- « Papaaaaaaaa. papa. papa. papa. papa, papa, papa, papa, papa, papa, papa. papa, papa, papa, papa, papa, papa. » Insistait (lourdement?) le coquin
- « Quooooi ? » Grondais-je, commençant à perdre patience.
- « Je veux des bonbons » Me balançait le scélérat
- « Non, non et re-non » Persistais-je. Fermement décidé à ne perdre le combat.
- « Papaaaaaaaaaa. Ouinnn, ouiiiiiin !» Laissait sortir le vilain.
- « Chut, chut. » murmurais-je en le prenant par le cou « Ecoute, je t’ai expliqué pourquoi tu ne pouvais pas avoir de bonbons maintenant. » Mes yeux toujours plus ou moins collés sur mon Paris-Match.
- « Ouiiiiin, ouiiiiin ! » S'appesantissait le nabot.
- « Bien, tu veux des bonbons ? Quelle couleur veux-tu ? Je vais commencer par les bleus si cela ne te dérange pas (…) »
Afin de pas avoir les services sociaux américains au cul, j’ai du supprimer la suite de la discussion. En fait, ce ne fut pas une discussion mais plutôt un monologue par geste, si vous voyez ce que je veux dire.*

Il faut reconnaître que le chiard qui vous adore comme un Dieu païen depuis ses premiers jours commence à réaliser qu’il ne peut pas vraiment se coucher à 2 heures du matin en consommant votre pot de Nutella, ou bien jouer avec les clefs de votre coupé Mercedes, et enfin boire votre gniole centenaire en fumant vos londrès. De ce fait, il prend un malin plaisir à tester vos limites au delà bien souvent du raisonnable (voir ci-dessus.) Voici un dernier petit exemple complémentaire pour illustrer ce comportement démoniaque de l'enfant de deux ans. Ainsi, il peut arriver que tandis que vous présentez avec fierté votre fiston bilingue à votre patron durant la fête de fin d’année du personnel, ce zigoto se met à hurler à tue tête, il vous mord les oreilles, et il tiraille toutes les choses qui viennent à porter de ses petites paluches potelées. Il veut partir. Vous voulez rester encore un peu (les petits fours sont trop bons) alors que lui EXIGE un départ TOUT DE SUITE, MAINTENANT, SUR LE CHAMP. Comble de l'embarras, il n’hésite pas à quémander expressément que vous lui donniez sa dose de coke et ses magazines pornos sous peine de menaces en forme de glapissement inhumainement haut perché. TOUT ÇA EN PUBLIC ! Une fois à la maison, vous le sermonner en lui tannant le cuir dorsal à coups de ceinturon en pensant : "Bah ça doit être l’âge, ça va lui passer " s’il survit !
*Pour les idiots qui pensent que toutes les choses que j’écris sont la réalité : Non, je ne tape pas mon fils, je fais simplement circuler le sang dans ses fesses, c’est tout !
Publicité