Un Casse Noisette franchement plat
Je suis triste.
Récupérant mon journal chu sur le perron comme j’ai l’habitude de le faire chaque matin après avoir vidé ma vessie (vous aussi vous faites ça, non ?), mon regard se posa sur la forme immobile qui se trouvait sur la route. Là, devant moi, gisait, inerte, une petite bête informe. Le froid glacial, renforcé par un vent sibérien, me fit lâcher une petite larme qui aussitôt se mit à glisser sur mes joues rosies. Figé un instant, je rentrais réchauffer mon corps qui bleuissait.
Pensez vous, notre petit écureuil de quartier venait de passer de vie à trépas en tentant de rejoindre son nid après s’être nourri de graines aimablement offertes par le voisin. Snif, snif ! Aurais-je du le recouvrir d’une petite bâche grise, et mettre des cônes orange tout autour afin qu'autre chose qu’un "Hachis Parmentier" soit enterré? La voiture qui passa ne me laissa pas suffisamment de temps pour agir de la sorte, puisque c’est bien en chair à saucisse qu’il termina !
Quelle intro, hein ?
Aujourd’hui, j’ai décidé vous parler de mes essais en chirurgie obstétricienne du bulbe rachidien chez les primates . Non, revenez, je blaguais!
Pour une personne débarquant de France, il est toujours fort divertissant, voire étrange d'observer des écureuils aussi amicaux envers les humains. Ils viennent vous manger dans la main, ils font des poses pas possibles, ils sont pleins d’humour, néanmoins ils peuvent être franchement agressif. De taille modeste et de jolie couleur rousse, pour moi les écureuils étaient des créatures sauvages, mignonnes, et peu grégaires jusqu’à ce que je débarque ici. En effet, lors de mes premières visites je fus étonné de pouvoir m’approcher à un saut de puce de ces animaux bien souvent obèses et se nourrissant de MacDo laissés dans les poubelles. Le temps passant, j’ai appris à vivre au milieu de ces bestioles, et à ne même plus y faire attention.
Jusqu’à ce matin.
Le cadavre écrabouillé de l’écureuil réveilla en moi le souvenir des dangers de la route pour les animaux urbains.
Que ceux qui n’ont jamais parcouru nos campagnes Gauloises sans découvrir la foultitude d’ « hérissons-crêpes » qui jonchent nos départementales, me couvrent de confiture de figues et me laisse sécher au soleil d’hiver. Ici, ce ne sont pas les hérissons mais ces tout mimis écureuils qui paient le plus cher leur vie parmi les Homo Dependibus Bagnolii. Quand je dis mimi, c’est une grande chose. L’animal étudié de près ressemble plus à un rat qu’à un nounours, surtout mouillé ou rasé - Non je ne me suis pas amusé à les raser, non mais sans blagues ! Il faut savoir que dans certains états, on le chasse pour sa viande - ça a le même goût que le lapin pour finir de vous dégoûter chers lecteurs végétariens. L’écureuil n’est heureusement pas au top des « Road Kill». Certes ici, il est en haut de la liste, mais les animaux nocturnes comme les opossums et les ratons laveurs sont plutôt bien placés. Il faut dire qu’ils sortent la nuit (pour des animaux nocturnes c’est un comble!) lorsque la visibilité est pauvre ce qui diminue fortement leur chance d’échapper à ça. Je dois honteusement avouer qu’il fut un temps, quand j’étais intelligent bête, beau jeune, et doux cruel, durant lequel avec "celui-qui-a-les-mêmes-parents-que-moi" nous tentions de trucider des lapins avec notre bonne 205 Diesel. C'était il y a longtemps, hein? Aujourd'hui je freine...pour tout ce qui ne se mange pas!
Et puis ici, avec les multiples ligues de protection des animaux, je me vois mal rentrer à la maison avec des opossums à griller, surtout qu'à vélo, les
"zopossums zils zont d'l'avance!"
Cette petite vidéo de Scrat, fort connue, est pour mon fiston. Il adore.
Attention, ça met un bout à télécharger pour ceux qui ont une connexion préhistorique.