Scribo ergo sum
Ce billet, commencé vers le mois de décembre après avoir lu un article du « Monde » vous emmène dans l'univers fort divertissant de l’écriture…
Bon, maintenant que vous êtes bien assis au fond de votre canapé, blotti au fond de votre lit, confortablement installé dans votre fauteuil Louis XVI, ou bien juste posé sur votre lunette des toilettes, je me dois de vous poser la questions suivante : N’avez-vous pas dans votre mémoire quelques dates indélébiles qui une fois l’an se rappellent à vous ? Allez, allez chercher un peu. Je suis certain sûr J’en mettrais ma main au feu d'ailleurs « Malheureusement ! » me diront certains, « Heureusement ! » me diront d’autres. Elles reviennent encore et encore, vous hanter, vous réjouir, et ce, jusqu’à probablement qu'Alzheimer et les siens viennent faucher ces marques de votre mémoire.
Pour ma part, malgré mon âge avancé, je me souviens de beaucoup de choses dont je vous ai déjà parlé…Néanmoins, sortent de mon cerveau ramolli ces souvenirs...
Je me souviens de mon premier but de foot : « La balle avait rebondi malencontreusement sur mon crâne velu pour se coller au fond des filets »
Je me souviens de ce que portais ma maîtresse le premier jour de l’école : « Une blouse grisâtre avec des fleurs… »
Je me souviens des premiers mots prononcés par mon frère : « Aaargh ! Arrête tu m’étrangles…Aaargh , et…Aaargh je ne Aaargh peux pas …Aaargh… respirer… »
Je me souviens du repas du 29 mars 1978 : « Un bœuf bourguignon et sa julienne de choux de Bruxelles»
Je me souviens de ma première communion (Ah non, je n’ai pas fait ma communion)…
Pourquoi se souvenir, hein ? Ne serait-ce pas un avantage que de recommencer tout à zéro chaque matin, heureux, naïf , et propre ? Avouez que cela serait bien, non ?
Pour ma part, je me prépare à ce jour quand: hier , maintenant, et demain, ne feront plus qu’un. Tout a commencé le 3 septembre 1993, quand il y a presque 13 ans, j’ai posé ma valise en carton sur le sol américain. Ainsi, fermement décidé à me souvenir de ce que j’allais vivre si loin de mes camemberts et de mes chocolats, je me décidai de noter chaque jour: ce que je faisais ou bien ce que je découvrais. Tâche nouvelle, excitante, et qui allait m’emmener quelques milliers de pages plus loin (et attention en voilà encore des chiffres ) A ce jour, j’ai amoncelé un nombre impensable 4526 narrations (ou 12 années, 4 mois, et 21 jours…vous pouvez comptez si ça vous amuse mais je vous assure que c’est vrai !) Je n’ai pas manqué UN jour !
A quoi bon ? Je ne le sais même pas, c’est ça le pire. De temps en temps, je replonge avec plaisir dans ces écrits, mais bien souvent, ceux-ci accumulent la poussière. Au grand dam de ma dame. Enfin, si je meurs ce soir…au moins on saura comment je me sentais le 4 avril 1996, ou le 16 juin 2003.
Des collectionneurs parmi vous ?