Festive offensive
Prenez moi pour un fou en ce 23 nivôse mais voyez-vous, je reviens tout juste d’une expédition dans un des méga centre commercial qui foisonne dans la campagne urbaine Washingtonienne. J’ai en ai les poils tout rebroussés.
Vous me direz que je l’ai bien cherché ! Que suis-je allé faire aux milieux de ces moutons en ce jour de ruée commerciale ? Ben voilà, notre petite famille part pour San Francisco demain, et il fallait que j’achète quelques bricoles, et les voyageurs savent très bien : « Qu’il y a TOUJOURS un truc à acheter avant un voyage. »
Enfin, je vous rassure, je n’ai rien trouvé, et puis mes achats de Noël, ça fait longtemps que je ne les ai pas commencés alors…
Bref, fatigué de chercher ce que je ne trouvais pas, je me suis assis sur une pierre moussue, et j’ai écouté le ruissellement de l’eau du petit ru qui passait à mes pieds…ou plutôt pour nous les Homo Urbanis, j’ai posé mon cul sur un banc en ciment et j’ai regardé le flot des passants tout en fumant une cigarette. Bon, la cigarette c’est juste pour le récit car fumer dans les lieux publics ici est passible de la peine de mort par injection de vinaigre dans les lombaires. Et puis, je ne fume pas, je me drogue !

Cette pause-découverte, au demeurant fort divertissante, que je m’autorisai tandis que j’attendais le métro m’apporta l’anecdote suivante. Déambulant deux dindes dodelinant du derrière me divertirent drôlement quand je les entendis annoncer comment leur prochaine heure allait s’organiser. Une opération commando n’aurait sans doute pas été mieux planifiée. Brrr ! J’avais les ongles qui en frissonnaient. Ecoutez Mickey ! (Pluto est en vacances depuis hier)
Elle 1: « Bon, je dois aller là, puis là, et là, et là, encore, et si j’ai le temps, je passerai là. Et toi ? » (Je voulais l'avais dit que ça faisait peur...)
Elle 2: « Moi pareil, mais je ne pense pas passer là. En revanche, je veux vraiment aller là. On se retrouve dans une heure pour manger un morceau là ?» (A quand même, elle compte s'accorder une pause)
Elle 1: « Ok, bonne chance ! » (Ah ben, il va en falloir...)
Elle 2: « A toi aussi. » (Vont-elles se revoir? On a pas l'impression que c'est le capitaine qui abandonne son soldat dans la jungle vietnamienne. Je rêêêêve!)
Captivant moment de la vie quotidienne, n'est-ce pas?
A noter qu’il m’a fallu remplacer les noms des divers établissements qu’elles allaient fréquenter par « là » au risque de me voir accuser de publicité gratuite.
Lorsque je les ai laissées filer vers leurs multiples destinations, leurs visages exprimaient l’angoisse et la détresse. Pathétique! Allaient-elle trouver ce qu’elles cherchaient ? Je ne pouvais m’empêcher de sourire au désespoir qui les affublait car je savais pertinemment que les centaines de petites fourmis qui se promenaient autour de moi avaient ces identiques problèmes existentiels.
Quelle vie, hein ? Joyeux Noël quand même !