Et vous êtes?
Cela a commencé à 12 ans…Où en arrivant en classe d’histoire, et en regardant mon professeur bedonnant s’adonnant à la bidonne et donner des bonbons aux bons babouins bricoleurs que nous étions, je me mis à frissonner. J’avais oublié que nous avions un fichu examen. Comment cela était-il possible ? Moi qui n’oubliais jamais rien, voilà que je commençais à douter de ma capacité de rétention de faits primordiaux pour ma survie dans le rural collège de mon enfance. Comment s’appelait-il encore ce roi « perruqué », fardé au delà du raisonnable, petit Râ de la Gaule à l’ego démesuré ? Louis ? Louis ? Louis ?
« Louis XIV, monsieur !» Répondait le petit fayot du premier rang avant que mes connexions synaptiques n’aient pu se mettre en route. Je lui fracasserai encore le crâne à la récré.
Plus tard ce fut vers 17 ans que cela se reproduisit. Perdant la boule pour une belle balle de feutrine jaune fort bien balancée, je laissai Sophie , seule, suçant hélas, ses six sucettes sans sucre. Lasse, elle me laissa.
Ma condition ne fut qu’empirer…
« Louis XIV, monsieur !» Répondait le petit fayot du premier rang avant que mes connexions synaptiques n’aient pu se mettre en route. Je lui fracasserai encore le crâne à la récré.
Plus tard ce fut vers 17 ans que cela se reproduisit. Perdant la boule pour une belle balle de feutrine jaune fort bien balancée, je laissai Sophie , seule, suçant hélas, ses six sucettes sans sucre. Lasse, elle me laissa.
Ma condition ne fut qu’empirer…
Depuis ce jour, chaque année des centaines de mes neurones disparaissent me laissant pantelant pantois pestant putain aux petits pois pétrifiés de ma poêle préférée. Ah zut ! J’oublie, j’omets, je néglige de plus en plus:
Les prénoms : « Tu t’appelles comment toi…euh, c’est… ? Latreena ? A non Jeanne ! Oups ! Désolé.» J’annonce donc LUI ou ELLE, TOI ou ÇA, en référence aux divers humanoïdes qui m’entourent. Effrayant !
Les prénoms : « Tu t’appelles comment toi…euh, c’est… ? Latreena ? A non Jeanne ! Oups ! Désolé.» J’annonce donc LUI ou ELLE, TOI ou ÇA, en référence aux divers humanoïdes qui m’entourent. Effrayant !
Les numéros de téléphone. Heureusement il y a les téléphones portables car personnellement, et je suis sérieux comme un lemming, je connais deux numéros de téléphone par cœur, les autres sont numériquement mémorisés –Ce qui sera important surtout quand la fin du monde arrivera le 12. Terrible !
Les adresses. J’habite ici, et je vais là me suffisent amplement. Lamentable !
Les sorties des numéros spéciaux de Paris-Match. Inconcevable !
Les dates d’anniversaire : « Tiens c’est bizarre cette date encerclée en rouge sur le calendrier familial avec marqué IMPORTANT » Me surpris-je à penser le jour de notre quinquennal anniversaire de mariage. Honteux !
Les mots de passe pour ma carte bancaire, les mots de passe pour les multiples sites Internet. J’ai au moins 50 mots de passe, un vrai casse-tête. Scandaleux !
La localisation exacte et immédiate: des clefs, de mes lunettes, du portable, de la ou des télécommandes : Je suis pourtant sur de les avoir posées là
« Qui a touché à mes clefs ? Je les avais mis sur la table hier soir en rentrant de la mine, QUI A TOUCHÉ À MES CLEFS ! » Vociférai-je à un auditoire peu sensible à ma poussée d'adrénaline.
« Mais elles sont là mon chéri, où tu les avais laissé hier ! » Répliqua ma patience compagne.
« ?...Pffff » Répondai-je en m'éloignant embarassé. Y a-t-il une conspiration organisée par les objets dont j'ai quotidiennement besoin? Ceux-ci semblent prendre un malin plaisir à ne jamais se trouver où vous les avez laissés la veille. Plus particulièrement les télécommandes. Je vous jure, une télécommande a sa propre conscience. Non, seulement elles vivent en famille, mais la nuit elles doivent fomenter des complots machiavéliques pour vous rendre la vie misérable. « Tiens, on va se glisser entre deux coussins, gniark gniark ! » Heureusement que je ne regarde que très rarement le tube cathodique sinon j’aurais un grand bout de bois pour me débarasser de ces objets diaboliques! Abominable !
« Qui a touché à mes clefs ? Je les avais mis sur la table hier soir en rentrant de la mine, QUI A TOUCHÉ À MES CLEFS ! » Vociférai-je à un auditoire peu sensible à ma poussée d'adrénaline.
« Mais elles sont là mon chéri, où tu les avais laissé hier ! » Répliqua ma patience compagne.
« ?...Pffff » Répondai-je en m'éloignant embarassé. Y a-t-il une conspiration organisée par les objets dont j'ai quotidiennement besoin? Ceux-ci semblent prendre un malin plaisir à ne jamais se trouver où vous les avez laissés la veille. Plus particulièrement les télécommandes. Je vous jure, une télécommande a sa propre conscience. Non, seulement elles vivent en famille, mais la nuit elles doivent fomenter des complots machiavéliques pour vous rendre la vie misérable. « Tiens, on va se glisser entre deux coussins, gniark gniark ! » Heureusement que je ne regarde que très rarement le tube cathodique sinon j’aurais un grand bout de bois pour me débarasser de ces objets diaboliques! Abominable !
Les tables de multiplication, la table des deux ça va, des cinq aussi, mais celles des 7, 8, et 9. Inavouable !
Les règles de grammaire, n’en parlons pas, plus. Déprimant !
Mon nom : «Hier encore à la banque, on me demande de remplir un formulaire et je vous jure pendant quelques secondes, j’ai fait un blocage sur mon pseudonyme » Tragique !
Pour lutter contre ce fléau qui nous afflige tous, en sus des messages que je m’envoie, je fais des nœuds à mon mouchoir, et je…et je…et je…au fait, qu’est-ce que je vous disais ? .....Et puis vous faites quoi dans ma chambre ?
« Bah, ça doit être l’âge »
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