Un prénom pour la vie?
- « Bonjour ! Je m’appelle Pascal. Je viens chercher le paquet. Pascal. P-A-S-C-A-L. Merci » Annonçais-je timidement.
- « Vous avez dit ? » Me lança la préposée au service postal de mon quartier.
- « Pascal… » Répétais-je calmement.
- « Pascual…Y’a rien pour Pascual ! Vous êtes sûr ? » Me questionna-t-elle l’air inquisiteur.
- « Non, Pascal, P-A-S-C-A-L. Vous savez le paquet…Vous m’avez envoyé une note… » Insistais-je, loin de vouloir passer plus de cinq minutes dans cet endroit. - « Pas’kal, comme le… » Se lança-t-elle l’air guillerette.
- « Oui, comme le mathématicien et philosophe Français…Pardon ? Oui, le triangle aussi…C’est ça, sauf que lui son…Bien sûr, bien sûr…Le langage de programmation…Et mon paquet ? » Répondais-je le plus impatiemment du monde sentant qu’il allait falloir que j’explique pour la énième fois la différence entre Pascal, le prénom, et Pascal, le nom.
- « Monsieur Pascuale… » Insista-t-elle - « Non pas Pascual, ni Pasquale, ni Paskal, ni Monsieur Pasquale, ni rien d’autre ! Donnez moi mon paquet !» Hurlais-je, la moitié de mes métacarpiens dans son crâne dolichocéphale. Je partis en signant Suzanne.
Un prénom pour la vie, Pascal ? A qui le dites-vous ! Il est intéressant à savoir que ce prénom est porté par quelque 284.012 français; il s’agit aussi du 31 ième prénom le plus attribué au vingtième siècle. Enfin, l’an passé, ce prénom était encore placé 447 ième place dans le cœur de mes compatriotes. Un prénom pour la vie, Jeremy. De mon temps (Dieu que cela fait âgé), nos classes regorgeaient de Stéphane, Sophie, Florence, et Thierry - Je suis sûr que vous en connaissez au moins un ! Cela a changé. Tant mieux, MAIS… En tant que professeur, j’ai la joie et le plaisir de rencontrer une foultitude de prénoms les plus fantasques les uns que les autres. À croire que les parents font un concours pour que leur petit humain sorte du lot. Il faut être unique. Heureusement, je n’ai jamais eu, oui JAMAIS, le plaisir d’avoir un enfant nommé comme moi parmi mes élèves. Ouf ! De nombreux parents ne réalisent pas qu’ils punissent leur enfant en les nommant comme personne. (Joli jeu de mot, non ?) « Désolé, maîtresse, ce n’est pas Sophie, S-O-P-H-I-E, mais saufy, S-A-U-F-Y » Ici, à les zétas-zunis de les Zamériques, nous sommes bien évidemment dans la même tendance. On trouve des prénoms connus avec des orthographes exotiques telles que : Maree, Korryn, Stayfan, et Domeenik, mais rapidement cela se complique avec des D’André, Zyrlynna, Jashon, et autres Shamika. On pourrait en rester là, me direz-vous. Eh bien, non ! Une poignée de parents loin d’être satisfait par les milliards de prénoms disponibles sur la toile, continue leurs recherches et pond des prénoms dignes d’un scrabble de psychotrope shooté à la psilocybine. Voici une liste non exhaustive de quelques spécimens : Jacq’car, D’eejonaise, Chandeli’a, Tajanikwa, Latrina, et j’en passe. Bien sûr, je ne suis pas sans ignorer que certains de ces prénoms exotiques ont une signification dans une langue que je ne connais point. Ignorant suis-je à bien des égards, mais ils pourraient me prévenir quand même ! Et puis, qui sait, Pascal signifie peut-être dans un dialecte Africain : « Petite protubérance poilue sur le derrière des chèvres » – Please, please God, no !
Pour en revenir à nos prénoms, imaginez une seconde la petite D’eejonaise qui se pointe à un entretien d’embauche. Elle : « Bonjour, Monsieur. D’eejonaise » Lui (plein de d’humour Monty Python) : « Non, merci, je suis au régime. » Alors, finalement, avec mes Pascuale, Puscal, Pasqual, je ne suis pas si mal servi. Merci maman. Et vous, des exemples similaires ?