C'était l'âge !
AVERTISSEMENT ce billet n’est pas franchement drôle. Pourquoi ? Je l’ignore, j’écris en fonction de mes humeurs. Alors pourquoi pas ? Vos commentaires seront TRÈS appréciés. De toute façon pour moi cet écrit est le plus beau, et il s’agit de celui que j’ai eu le plus de plaisir à écrire. Vous voilà prévenu - A noter que j'ai mis en ligne deux articles aujourd'hui lisez celui-ci en premier.
Je termine (enfin) cette longue série sur l’expression « Ça doit être l’âge ». C’est en écoutant et regardant les autres que nous apprenons à vivre…Prenez le temps de regardez les autres !
La vie est un rêve dont la mort nous réveille. (Proverbe persan)
La décrépitude physique arrive peu après les trous de mémoires, et ceux-ci croissent comme ces corbeaux qui vous toisent. Qu’il s’agisse des pets non contrôlés, de votre couronne d’honneur de cheveux blancs, de la vision qui se brouille, qui s’affaiblit, qui s’estompe, qui disparaît, des tremblements, des jambes cagneuses qui coincent, de vos mains noueuses qui vous font souffrir, de vos dents baladeuses qui vous ennuient - Est-ce vous ? Qu’il est loin le temps où vous courriez innocemment dans les blés mûrs avec Josette à vos cotés.
Désormais, des chaussettes plus épaisses couvrent vos pieds toujours froids. Des fringues grises, marrons, ou violettes couvrent vos os fragiles.
Vos siestes sont plus longues, vos nuits plus courtes. Vos rêves trop futiles.
Les paquets sont trop lourds, les paquets sont trop grands, les paquets sont trop hauts.
Les mots sont trop petits, ou bien trop compliqués. Paris-Match en devient ennuyant. Un comble !
On a du temps pour tout faire, refaire, défaire, s’en faire.
On a le temps pour oublier, pour se souvenir.
On commence à se lasser du monde, et le monde se lasse de vous.
On vous pose, vous dépose, sage personne.
Tout à un goût, tout à un sens. Vous ne touchez plus, vous caressez ; vous ne sentez plus, vous humez ; vous ne goûtez plus, vous savourez ; vous ne regardez pas, vous admirez ; vous n’entendez pas, vous écoutez. ENFIN, vous comprenez la Vie car sans sens vos sens sont insensés.
Vos vitesses diminuent aussi bien à pied, qu’à vélo. Tout va trop vite…les paroles, vos petits-enfants, le Temps. Ce temps qui file…
C’est le froid qui s’installe été comme hiver, mules aux pieds.
Et puis, vous vous regardez un jour, le visage fripé, des taches solaires sur votre front dégarni et sur vos mains plissées. Les dents jaunies. Les yeux vitreux. Les sourcils grisâtres. Usé par des abus et désabusé par l’usure.
Le poids des ans vous tire vers la terre. Inexorablement. Lors de vos moments de lucidité et de fraîcheur vous vous abandonnez à laisser glisser un mélancolique : « Ça doit être l’âge, bon sang ! »
Enfin, arrive votre dernier souffle. Entouré par les êtres qui vous sont chers, vous êtes heureux. Voilà déjà quelques semaines que la vie s’échappe dans votre corps lassé. Vous entendez déjà murmurer sur votre caisson de chêne les eulogies et les mélopées mortuaires et morbides marmottant votre nom.
Que la vie était bonne avec moi. J’ai aimé vivre.
C’est déjà fini ? Vous mourrez heureux en souriant.
Je termine (enfin) cette longue série sur l’expression « Ça doit être l’âge ». C’est en écoutant et regardant les autres que nous apprenons à vivre…Prenez le temps de regardez les autres !
La vie est un rêve dont la mort nous réveille. (Proverbe persan)
La décrépitude physique arrive peu après les trous de mémoires, et ceux-ci croissent comme ces corbeaux qui vous toisent. Qu’il s’agisse des pets non contrôlés, de votre couronne d’honneur de cheveux blancs, de la vision qui se brouille, qui s’affaiblit, qui s’estompe, qui disparaît, des tremblements, des jambes cagneuses qui coincent, de vos mains noueuses qui vous font souffrir, de vos dents baladeuses qui vous ennuient - Est-ce vous ? Qu’il est loin le temps où vous courriez innocemment dans les blés mûrs avec Josette à vos cotés.
Désormais, des chaussettes plus épaisses couvrent vos pieds toujours froids. Des fringues grises, marrons, ou violettes couvrent vos os fragiles.
Vos siestes sont plus longues, vos nuits plus courtes. Vos rêves trop futiles.
Les paquets sont trop lourds, les paquets sont trop grands, les paquets sont trop hauts.
Les mots sont trop petits, ou bien trop compliqués. Paris-Match en devient ennuyant. Un comble !
On a du temps pour tout faire, refaire, défaire, s’en faire.
On a le temps pour oublier, pour se souvenir.
On commence à se lasser du monde, et le monde se lasse de vous.
On vous pose, vous dépose, sage personne.
Tout à un goût, tout à un sens. Vous ne touchez plus, vous caressez ; vous ne sentez plus, vous humez ; vous ne goûtez plus, vous savourez ; vous ne regardez pas, vous admirez ; vous n’entendez pas, vous écoutez. ENFIN, vous comprenez la Vie car sans sens vos sens sont insensés.
Vos vitesses diminuent aussi bien à pied, qu’à vélo. Tout va trop vite…les paroles, vos petits-enfants, le Temps. Ce temps qui file…
C’est le froid qui s’installe été comme hiver, mules aux pieds.
Et puis, vous vous regardez un jour, le visage fripé, des taches solaires sur votre front dégarni et sur vos mains plissées. Les dents jaunies. Les yeux vitreux. Les sourcils grisâtres. Usé par des abus et désabusé par l’usure.
Le poids des ans vous tire vers la terre. Inexorablement. Lors de vos moments de lucidité et de fraîcheur vous vous abandonnez à laisser glisser un mélancolique : « Ça doit être l’âge, bon sang ! »
Enfin, arrive votre dernier souffle. Entouré par les êtres qui vous sont chers, vous êtes heureux. Voilà déjà quelques semaines que la vie s’échappe dans votre corps lassé. Vous entendez déjà murmurer sur votre caisson de chêne les eulogies et les mélopées mortuaires et morbides marmottant votre nom.
Que la vie était bonne avec moi. J’ai aimé vivre.
C’est déjà fini ? Vous mourrez heureux en souriant.
« C’était l’âge »

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