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Divers

Samedi 22 octobre 2005

Le 3 septembre 1993, il y a donc 116 ans, je posais mon sac de toile sur le nouveau continent découvert 11 heures auparavant par Suzanne et Jean-Pierre. Si seulement j'avais su que j'y resterai sur ce fichu continent.
Chaque soir,  j'écrit entre 20 et 30 minutes. Je n’ai pas raté un jour depuis le 3 septembre 1993 ! Oui, c’est grave mais il y a pire comme « gravure.»
Depuis mon arrivée, je me suis uni à la plus merveille personne sur la Terre, ma femme. On s'est reproduit. On a bâti un nid, et j'ai perdu mon français. Bugle !
Enfin, après avoir longtemps hésité, je me suis dit que cela serait fort sympathique de joindre l’univers Globibulle des Blogonautes en écrivant des Globules.
Ce "Globe" est donc tout et n’importe quoi sur les Zétas Zunis, mon pays d’adoption. On trouvera des morceaux de ma vie et de mes humeurs. On y parle de tout sauf de sexe, caca, poupées, et mangas...quoi que...Tiens commencons: caca !

 

A bientot !

Par Pi
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Mercredi 16 novembre 2005

C’est un cri rustre et vulgaire que je lance en ce bon matin. Ah ! Dehors, il est chaud et il est doux. Le soleil brille. Les feuilles tombent. J’ai content.

Voyez-vous chers amis lecteurs, je suis en perte vertigineuse de mon cher et adoré Français. Ces quelques phrases d’introduction illustrent la pauvreté de mon vocabulaire pour décrire une splendide journée automnale. Chaque jour, je lutte pour ne pas oublier une règle de grammaire, des accords de participes passés, des conjugaisons de temps obscur et inepte, des orthographes complexes et absconds. C’est terrible ! Je me promène quotidiennement dans mes Bleds, mon Bescherelle, mes dictionnaires, mais rien n’y fait. Je lis aussi Paris-Match, les journaux, et divers romans, ça n’aide pas non plus. Certes, je pratique avec mon fiston ma langue maternelle, mais désormais celui-ci maîtrise bien mieux la langue de G. W. Bush, donc je oublie. J’ai humilié. « Il file, il file mon Français, le Français de mon pays, tralalalalèreu ! », mais je m’égare mes gars. Je faute sans cesse. Je oublie tout. Je franglise trop.

C’est nain déniable, et ça ce n’est pas chouette car ça m’effraie (Quel calembour fin, non ?) Petit à petit, les mots les plus simples glissent de mon vocabulaire et sont remplacés par une francisation de mots anglophones. Bien souvent, trop souvent, je coupe au plus court, et je remplace sans honte aucune, douze mots français par un simple mot anglais. Je me pourfends d’excuse devant mon auditoire en justifiant benoîtement par : «(…) Mais il n’y a point d’équivalent en Gaulois. J’vous jure, for real !» Je suis honte. J’ai triste aussi. Et je rentre penaud dans mes pénates, petit pécheur, pour m’absoudre de mon outrecuidance vis-à-vis de ces écarts linguistiques. Ça sera trois Pater Noster, deux Avé Maria, et un Confiteor pour moi, mon cardinal. J’ai Français, bon Diou!

Mes dévoués professeurs de Français doivent se retourner dans leur couche s’ils m’entendaient encenser cette langue d’illustres écrivains tels que Zizou (« Un ballon tout rond comme une orange » édition du Pi, 1998) ou Virenque (« Une intraveineuse de trop » édition du Pi, 2000). Imaginez, j’ai gardé mon Bescherelle que mon cher bourreau de 5 ième (il y a de cela des moutres, voire des yches) me faisait suinter pendant des heures. « Je pleus, tu pleus, il pleut, nous pleuvons…Je faus, tu faus, il faut, nous ??? » Je suis peur. Très peur de oublier, de ne plus write properly ma langue que je aime a lot. Chite ! Si j’avais su qu’un jour que j’y reviendrais avec plaisir à ces conjugaisons. Si j’avais su qu’un jour que je parcourais par pure délectation « Le Petit Robert » à la recherche du mot juste. Je m’étonnise ! Alors aidez votre hote car tout est leurre, iniquité. Je ne suis plus français sans ma langue et ses maux (Ouah, deuxième calembour !)

Laissez un commentaire encourageant. J’ai encore plus triste. Sur ce, je vous laisse. Je suis faim.

Par Pi
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Vendredi 18 novembre 2005

Oh, non voilà que pour attirer la clientèle, notre Kakalman national se lance dans la vulgarité et l’ « obscènitantisme ». Well, passez votre chemin si vous pensiez me découvrir peu vêtu et hirsute. Les autres vous allez vous poiler.

J’aime ma femme. Elle est belle, intelligente, et attentionnée. Elle sent si bon la lavande et l’hydromel, c’est un régal. Elle est d’humeur égale chaque jour, c’est un amour. Bref, je pourrais vous en dire des vertes et des pas mures (à noter que cette expression n’est placée ici que pour le seul but de faire rire) - je n’irais pas plus loin. Je LA aime beaucoup que même. Cependant, elle a des cheveux. Oui, une tignasse épaisse et filandreuse qu’il faut entretenir en permanence. Chers amis lecteurs quand j’étais tout petit, il y avait deux fléaux sous le préau. L’un était Thierry A. et l’autre était le pou (Pediculus Humanis Capitis.) Chaque année, ces petites bestioles faisaient leur apparition dans nos chères têtes blondes et en moins de temps qu’il m’en faut pour parcourir un bon (sic)…Paris-Match, l’école était en quarantaine et les sujets contaminés renvoyés dans leur geôle parentale. À cette époque, les produits qui existaient pour traiter la vermine se trouvaient sous forme de shampooings caustiques et nauséabonds. Une goutte dans les yeux, de ce liquide, et pendant 4 heures, vous ne voyiez plus que des mosaïques multicolores. Mon paternel, écolo avant l’heure, avait une méthode imparable pour prévenir ou traiter ce genre de fléau du préau. Pou ou pas pou, papa « peignait » Pascal. Ainsi à chaque pandémie, je me retrouvais affublé d’une coupe dite « Yul Brynner » (pour ceux qui se souviennent de cet acteur, pour les autres, c’est plus Barthez - A chaque époque sa référence, hein ?) Il était clair que suite à ce traitement, les insectes disparaissaient tout aussi rapidement que mon honneur. En vieillissant, ma crinière princière est devenue pour moi une source d’entretien inutile. N’allez pas imaginer une seconde que je négligeais mon hygiène capillaire mais « coupe de cheveux » et moi faisions vie à part. Surtout, je me pris à abhorrer les capilliculteurs et leurs apôtres cancaniers - véritable nid de ragots de villages et d’analyse météorologique. Ils m’horripilaient avec leur monologue : « On dirait qu’il va pleuvoir, hein ? Il faisait si chaud hier. Aujourd’hui, il fait froid, non ? Et pis vous savez, y’a plus de saisons. Y’nous ont tout détraqué. Bla bla bla bla… » Je l’aurais bien tapé à coup de poêle cet hurluberlu me respirant des lieux communs dans la nuque. Ainsi, quand je suis arrivé à les zetas zunis de les zamerik, j’avais une coupe « Tintin.» Au bout de quelques mois, il me fallut me rendre à l’évidence : je devais arranger mes poils crâniens de façon plus ordonnée. Ma coupe Homo Habilis n’ayant plus vraiment de succès auprès de ma belle. J’appris donc tout le vocabulaire nécessaire pour une visite chez un capilliculteur, et fonçai chez le moins cher. Que pouvais-je m’offrir avec moins de $10. Une coupe bol ? Une tonsure ? Un thermobrossage ? Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que mon capilliculteur était UNE, et qu’en plus elle ne parlait pas deux mots d’anglais. Le vocabulaire acquis ne fut donc pas nécessaire. Ce fut mes gestes et mes grimaces qui la guidèrent. C’était en octobre 1993. Ensuite, je me suis acheté une tondeuse. Celle-ci a fini par rouiller, et désormais mon peigne est mon rasoir. Je dispose d’une « coupe » très dégagée derrière les oreilles si vous voyez ce que je veux dire. Si la nature a voulu que je sois frappé d’alopécie, qu’il en soit ainsi ! Veine ou malédiction, je ne sais ni ! Donc au lieu de couvrir de toupet ma cabosse, au lieu de tirer vers le centre les cheveux du bord, au lieu de douloureusement implanter de petits morceaux de gazon capillaire sur les zones dégagées, au lieu d’alimenter les comptes bancaires de quelques capilliculteurs célèbres, j’ai choisi de faire face à mon handicap avec dignité : je me laisse pousser la barbe. FIN DE LA PREMIERE PARTIE.

Par Pi
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Samedi 19 novembre 2005

Avertissement numéro deux. Pour ceux qui tombent sur ce blog en pensant découvrir des photos de mon épouse nue. Bien, c’est perdu. Cependant, si vous tenez tout de même à obtenir quelques clichés pas piqués des hannetons, laissez un commentaire. Il vous faudra en outre faire un virement bancaire sur le compte que je viens d’ouvrir pour Monsieur Okabongo du Nigeria. En effet, ce dernier ayant des problèmes financiers dans son pays, il m’a contacté si gentiment via email que je me suis porté volontaire pour m’occuper de ses $12.000.000.000.000. Sacré Monsieur Okabongo du Nigeria, trop généreux ces Nigériens.
Bon, alors où en étais-je ? Ah, oui…Si, si je vous assure, j’adoooore mon épouse. Hier, je m’étais arrêté sur MES problèmes capillaires, aujourd’hui je continue dans la série « A Poil » seulement cette fois-ci, je vais me concentrer sur les problèmes de coiffure de ma douce. Il est fort probable que je vais m’attirer les foudres des nombreuses femmes qui parcourent ce blog mais j’aime le risque ! Et puis, on doit tous mourir de quelque chose, non ? Alors, où en étais-je donc-t-il car je m’égare sans cesse. Ça devient fatigant ! Ah oui, les poils…Well, les cheveux. Ceux de ma dulcinée sont comme une forêt épaisse, crépue, et dense. Pour cette raison, une fois tout les « trop souvent », elle se rend chez sa capillicultrice préférée, et passe trois, voire huit, heures (oui, vous avez bien lu huit heures) à discuter…Des articles People ? De météos ? Et oui, on peut parler de climatologie pendant des heures, j’ai moi-même passé une année de ma vie à traiter de ce sujet. Le monde est petit (à noter que cette expression n’a pour seul but que celui de faire rire, au cas où…) Ainsi, vous avez bien lu entre trois et huit heures d’élagage, ça dépend du style choisi bien sur, et du nombre de d’individus travaillant sur la broussaille. Je dis ouahouh ! Cela me prend 5 minutes pour me raser le sinciput, et elle, il lui faut un minimum de trois heures ? Bien évidemment à chaque fois que je lui demande combien de temps cela va durer, elle me répond très évasivement : « Ooooh ! Ça va être rapide! Mon petit pou…» Il y a déjà plus d’une décennie que nous nous fréquentons et au début de notre relation lorsqu’elle m’annonçait ça, j’étais heureux car pour moi « rapide », cela voulait dire « vite. » Désormais, j’ai appris que « rapide » signifiait « longtemps », et que « longtemps » signifiait, well…J’attends encore (Cf. : « Le déchiffrage De Le Langage De Les Couples » édition Pi, Vol. IV. Page 12. Alinéa c. Paragraphe 7. Ligne 3. Mot 32.) En fait, c’est la même chose que lorsqu’elle dit qu’elle va avoir une « petite » conversation téléphonique, ou partir faire de « petites » courses : ça n’existe pas ! Je l’abandonne donc pour une journée afin que sa chevelure soit au choix : « locked », « twisted », « cornrolled », « braided », « micro-braided » mais jamais « shaved off .»

En plus, il y a des styles ? Mon Dieu, blasphème, ignare chauve ! N’as-tu jamais parcouru les magazines que les capilliculteurs proposent aux clients ? Honte à toi, petit homme. La capilliculture est un art que je trouve rasant et barbant. Je sais, c’est un peu tiré par les cheveux comme commentaire mais bon…Alors dites-moi, quel plaisir peut-on avoir à passer une journée entière à se faire peloter le chignon, le derrière sur un fauteuil en skaï? Me trompé-je si j’annonce que le temps passé par mesdames au salon de coiffure est le double, voire le triple des messieurs ? Mais Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Car franchement, comme je répète souvent à mon petit chou à la crème de marron: « Coiffée ou non, c’est à poil que je t’adore !»

Par Pi
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