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Société

Vendredi 28 octobre 2005

Je vais débuter doucement...
Donc.........................................................Ces dernières semaines, entre deux préparations d'empoisonnements de ces sales vermines Halloweenienne et  l’incarcération d’un élève, j’ai eu l’immense privilège de rencontrer les géniteurs de mes charmants bambins.
Calés dans mon trône d’orateur et caché derrière mes petits binocles, j’ai pu remarquer combien cette expérience était intéressante. Comme vous le savez, tout ce qui est intéressant traîne dans mon cerveau trituré pour terminer en écrits divers et variés.
Enfin, ce fut unique, fantastique, tique, Monique, toux, râteau, lézard, bulot, vivier, et zut ! Je m’égare à nouveau…
Ainsi, au fur et à mesure que j’écoutais béatement les dernières prouesses narrées par la génitrice de la petite Sabrina, je ne pouvais m’empêcher de penser : « Mais parbleu ! voilà la réponse à toutes mes questions ; cette gamine tout autant que sa mère mérite une injection létale d’urine de porc ou bien mieux encore…elles devraient être électrocutées à la pile 9 volt. Siou’plait, aaaaaaaarrêtez ! » Violence mis à part, cette semaine j’ai eu le privilège d’avoir des conférences avec les parents de mes élèves.
A mon époque, il s’agissait du jour maudit par votre humble page. C’était le jour que j’abhorrais au plus profond de mon âme. Mon père m’y emmenait avec sadisme pour voir l’urine et les matières fécales coulées le long de mon velours vert lorsque arrivait la rencontre avec le professeur d'astrologie - Eh bien oui, de mon temps, nous avions des classes originales.
Bien de mon temps, Suzanne, les professeurs vous massacraient, vous descendaient, et ne mâchaient pas vraiment leurs mots. Il n’hésitaient pas à dire : « Monsieur B, votre fils ne fait rien ! Il est fainéant au delà de ce que je connais.» (« Aie ! Bâtard…ch'uis mort ! » Pensé-je lors du relâchement incontrôlé de ma vessie d’écureuil) ou pire ils ajoutaient trop souvent : «  Il peut faire mieux vot’ gars…PEUT MIEUX FAIRE ! Oui, il peut mieux faire » Cette phrase était ma ciguë, ma belladone, mon absinthe. Que celui qui n’a jamais entendu cette phrase me jette sa tartine de nutella au visage. Aujourd’hui, je pense que 98% de mes élèves peuvent mieux faire néanmoins j’utilise un jargon professionnel plus fleuri et plus diplomate afin de ne pas heurter les oreilles des petits minots et de leur parents. On dira par exemple que : « Sabrina a des capacités qui ne sont pas totalement exploitées et que sa maturité semble contrarier le développement de son habileté académique » ou encore on insistera que « Petit Tom a visiblement quelques minimes difficultés à maîtriser la langue française et il est fort probable qu’il n’attache pas assez d’importance à son travail quotidien pour faire des progrès notables. »

Beurk !

Durant ces conférences mon père, en général peu enclin à la patience, écoutait attentivement et stoïquement les divers commentaires que mes bourreaux débagoulaient sans retenu. Or je puis vous assurer que les quelques commentaires négatifs ou du genre « peut mieux faire » qu’il avait parfaitement mémorisé rendaient le trajet retour vers la demeure maternelle bien trop long à mon goût. Le dîner familial ces jours-là semblait s’éterniser, et l’heure du coucher arrivait pour une fois comme une libération, un affranchissement, une délivrance. Le marchand de sable et ses amis les moutons faisaient des amis compréhensifs cette nuit là.

Si seulement les professeurs de mon temps avaient été plus indulgents, plus poètes, moins condescendants peut-être que la main calleuse de mon paternel n’aurait pas réchauffé la peau de pêche de mes joues roses.(Ca va cosette?) Loin de condamner mon regretté père, j’ai à travers ces expériences passées appris à connaître diverses catégories de parents. C’est avec plaisir que j’ai crée pour vous mes lecteurs sept catégories.  

La première : « LAIPOLIS »

Ils sont cools ; ils sont sympas ; ils sont plaisants. Les vous-en-reprendrez-bien-encore, les mercis, les pardons, les bonjour-comment-allez-vous. Ceux-ci je les sens venir rien qu’à fréquenter leurs enfants. Leur progéniture est des plus agréables et elle fait partie des 0.04% des conférences qui vous laissent avec le sentiment que vous êtes vraiment une personne formidable, responsable, intelligente, motivée, et oui, j’ose le dire...parfaite. Ils vous apportent du miel quand votre gorge est douloureuse. Ils vous livrent du chocolat quand le ciel est gris. Ils vous font des massages pour vos pieds gonflés. En deux mots, ils vous gâtent…

 Malheureusement…(à suivre)

 

 

 

 

 

Par Pi
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Samedi 29 octobre 2005

Continuons nos pérégrinations dans le monde si passionnant  et roboratif de l'éducation et des relations humaines. Episode deux.
Ainsi, la sensation de plénitude que nos « LAIPOLIS » apporte est bien souvent trop éphémère, éthérée, et évanescente car à peine ai-je terminé ma première conférence qu'arrive la seconde catégorie que je nomme : « les MITOUTS »

 

Les dents à l'air, le poil luisant, les yeux pétillants les voici qui entrent dans mon antre (Gulp!) « Bonjour madame - Bonjour monsieur - Pliz Ave ai site - Aow kanne Ail Ailpe Iou ? » 
 
Eux,  je les appelle les faux-cools, les mi-plaignants, les mi-chiants, et les mi-faux-culs.
Ils commencent comme des « LAIPOLIS » à vous sucrer le beignet en vous disant que vous êtes le meilleur prof de la Terre (sauf dans les régions suivantes : Monaco, le département de l'Oise, et l'Ile du Prince Edward) et qu'enfin : 
 
«- Nous attendions quelqu'un de votre trempe. »
« -Sabrina vous trouve génial et drôle. Elle vous aaaaadore ! »   
 
«- Ca fait longtemps que cette école n'avait pas vu un professeur aussi dévoué » (c'est à ce moment que je vomis mon BN au chocolat)
Ainsi, ils vous cirent les charentaises pendant une heure avant d'habilement vous matraquer de questions, vous assenez de remarques vicieuses qui n'ont pour but que de vous mettre mal à l'aise et de détruire à petit feu votre ego au moment où celui-ci planait au plus haut. 
 
Ce sont ceux qui vous beurrent le visage de «  Peut-être vous devriez tenter ça… mais je ne sais pas…enfin bon…vous savez, ma petite Sabrina elle suppute que…mais malheureusement je sais que cela est difficile pour vous, enfin peut-être que…. »
Ils continuent par une blague obsolète et enchaîne sans que vous n'ayez eu le temps de reprendre votre souffle par : « (...) Mais sérieusement vous ne croyez pas que la note de ma fille devrait être plus élevée ? »
« … ? »
A la fin de leurs remarques et de leurs conseils, votre sourire naïf s'est transformé en rictus coincé reflétant vos pensées meurtrières : « Devrais-je les étrangler ou alors tenter une lobectomie générale ? » (La lobotomie n'étant pas suffisante)
« L'urine de porc, alors ? »  NEXT. 
N.B : Suite aux plaintes multiples du Ministère International des Relations étrangères de l'étranger en dehors de la France métropolitaine extérieure, l'auteur indique qu'il n'a rien contre les trois localités mentionnées plus haut, et qu'il a choisi ces lieux pour leur beauté l'hiver ou durant les pleines lunes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Pi
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Dimanche 30 octobre 2005

Désormais on arrive dans le vif du sujet…

La troisième catégorie est sans aucun doute ma préférée.

Je leur donne le nom coquet de « ZANTIS » à ces individus…

  Une conférence avec eux et vous penser à arrêter la profession pour vous reconvertir comme mime chez Stevie Wonder ou sculpteur de glace en Namibie. Ceux-là, ils vous haïssent sans vous connaître, ils transpirent l’intolérance ; ils pinaillent sur votre instruction ; ils couinent sur vos méthodes ; ils se lamentent sur le menu de la cafeteria ; ils ont des a priori sur l’enseignement et les enseignants ; ils ont des milliards de questions sorties de je ne sais quel magazine (Paris-Match ou VSD aucun doute…) ; ils vous accusent sans honte que c’est de votre faute si leur enfant au QI surhumain ne sait pas additionner deux chiffres ou placer son pays sur un globe (Si, si c’est vrai tout ça !)

 Je les suinte et les agriche ceux là
Allez, j’ai un exemple concret qui fait rire les collègues lors de nos soirées Bridge au café du coin.
« Un beau matin arrive, vêtus avec goût et finesse, Monsieur et Madame Hublot (j’ai changé leur nom pour préserver leur anonymat car leur vrai nom c’est : Trokons) Au premier abord, ils semblent être des « laipolis » mais cela ne dure qu’un instant car ça se gâte après leur avoir expliqué le plus diplomatiquement du monde que leur enfant (surdoué cela s’entend d’après leur description) ne fait absolument rien de rien dans la classe et ne comprend encore moins que rien de chez rien. Le père stoïque ne moufte pas d’un décimètre (Il restera comme ça durant toute la conférence : impressionnant et un rien désagréable de se faire dévisager comme ça par un type aux yeux d’amiante)
Donc, comme solution, la mère m’annonce qu’il faudrait que je change de place sa progéniture. Elle veut…non, elle désire…euh, elle exige que cela se fasse obtu-motu (extraordinairement expressément vite)
Aimablement, je lui annonce que cela n’est malheureusement pas possible dans la mesure ou chaque individu dans la classe à une place…hum, hum…stratégique. Sans suit une série d’explications de commentaires de la mère qui insiste que je dois « à tout prix déplacer » son enfant sous peine de procès en justice, et en accordance avec la loi de protection des cancres. Loin de me laisser abattre, je me mure dans le refus.

Bla, bla, bla, (Y’a quoi à la télé ce soir ?)
Bla, bla, bla (Ai-je sorti les poubelles ce matin ?)
Bla, bla, bla (Les injections je les fais maintenant ?)
Je suis assez fort pour ce genre de choses, surtout avec les parents.
Enfin, après dix minutes où je m’évertue à lui explique que CE N’EST PAS POSSIIIIIIBLE, la mère m’annonce le plus candidement du monde : « (…) mais enfin Monsieur B. dites moi que vous ne pouvez pas changer mon enfant de place ! »

 No comment. 

 

 Finalement, bien souvent se détachent de ce groupe d’emmerdeurs, une sous-espèce tout aussi ennuyante qui arrive en se plaignant. Ils feraient à eux seul presque une seule catégorie. Ils trouvent que tout va toujours mal, que le temps est pourri cette saison, la chasse n’ouvre pas assez tôt pour le gibier d’eau, etc.

Je les plains les « ZANTIS » car arrive…à suivre.

Par Pi
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Lundi 31 octobre 2005

Je vous propose aujourd'hui de faire un tour dans l'univers bien particulier de l'équitation.
Je ne suis pas cavalier
(blague de valeur 10 points)
si j'ose vous dire que je ne suis pas vraiment charmé par ce sport des plus collets montés et obscur pour le novice que je me trouve être. Au même titre que je me suis toujours posé la question de savoir ce que le premier homme pensait quand il a décidé de traire une vache, je me demande qui a eu l'imagination nécessaire pour désirer monter sur un canasson capricieux au risque de se faire des ecchymoses sur le Gluteus Maximus.
Les Hommes m'étonneront toujours…surtout les hommes.
Enfin, il se trouve que parmi mes connaissances je dispose d’un couple de milliardaires, de vrais férus de la cabriole. Donc, à l'occasion du Washington International Horse Show, nous étions conviés à une « Pâââwti. »

La minute où j'ai mis les pieds dans la suite «VIP des VIP super VIP » de cette gigantesque arène, je me suis senti mal à l'aise.
Voyez-vous, je viens d'un milieu modeste et j'ai grandi dans un village dont on se doit de taire le nom au risque de choquer nos plus jeunes lecteurs. Et non, je ne blague malheureusement point cette fois-ci.
Bref, le luxe me gène. Le luxe ne m'attire pas, et le luxe m'agace.
Pourquoi tant de haine ?
Well, voyez-vous, c'est un milieu les plus hypocrites qui soit (juste après les lecteurs de Paris-Match) Les conversations vont souvent de la sorte :
Eux : « Hiiii ! How are you? » (Traduction: Et…Vous êtes? »)
Moi: « Hello.
Fine, Thank you (…) » (Traduction: Quand est-ce qu'on mange?)
Eux: « You look nice this evening » (Traduction: What kind of clothes are you wearing?)
Moi :
« Thank you (…)» (Traduction : Quand est-ce qu'on mange ? ch'uis sérieux là !)
Eux : « Well, I was happy to talk to you…see you soon, bye » (Traduction : Meurs, gros looser…suivant)
Moi : « Thank you » (Traduction : C'est bien la bouffe qu'ils apportent là, non ?)
Hier soir, j'ai eu droit à ma dose de luxe et d'hypocrisie. Chacun jugeant l'autre. Chacun snobant l’autre. Chacun étant IMPORTANT.
Pour cette occasion de sortie en société, j'avais un temps penser mettre un Jean mais ma chère et tendre épouse m'avait sauvé de l’embarras en me faisant mettre mes « habits du dimanche » Ouf !
Aussitôt arrivé, je me suis trouvé une table que j'ai partagée avec mon fiston (Ma-mi étant allée discuter avec ses amies) et j’ai pu me repaître des plus belles viandes, étancher ma soif des meilleurs breuvages, et apaiser ma gourmandise de décadents desserts.
Enfin,  revenons à nos chevaux (blague à 30 points) pour une seconde. Je dois reconnaître, malgré mes plaintes,  que je me suis diverti pendant le show. Ça bougeait de partout. Ça explosait à droite à gauche de feux d’artifices multicolores. C’était était beau. Les ricains sont forts pour ça. Parfaitement placé grâce à la suite VIP, j'ai admiré ce ballet d’équidés sautant barrière après barrière allégrement, prestement…Que c’était gracieux !  Cependant, rural comme je suis, ce sont les courses de fox-terriers qui procurèrent chez moi les plus vives émotions. Et oui, le chien n’est-il pas le meilleur ami de l’homme ?

Par Pi
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