Continuant mes aventures rafraîchissantes de mon installation à les zeta zunis de les zamerik.
Comme je le précisais hier , je décidais donc de quitter ma première famille. Il me faut ajouter que pendant ma première année ici, je prenais un cours d’anglais donné par une volontaire. Une fois par semaine dans l’église du coin de la rue, j’allais papoter avec des mamies et des papis du Nicaragua, du Salvador, du Vietnam, et j’en passe, tout cela afin d'acquérir les bases d'anglais oubliées en 3 ième. Ces rencontres avec ces immigrés de tous horizons venus refaire leur vie à un âge avancé, m’enseigna beaucoup sur les sacrifices que certaines personnes étaient prêtes à faire pour « vivre mieux, vivre en paix ».
Humilité s'il vous plait !
Bref, un jour, à ma grande surprise se pointa, une petite mamie française. Nous discutâmes longuement, et elle finit par me dire que sa fille cherchait un baby-sitter (un illégal pour que cela ne coûte pas trop cher, hein ?) Tenant à continuer cette expérience à les zeta zunis de les zamerik, j’acceptai ce job et je quittai la première famille. Adieu veaux, vaches, oeufs, cochons, et viande séchée.
Cette fois-ci ce fut d’une fille de 10 ans dont je m’occupai. Fini l’anglais puisque cette fois-ci la famille était française. Fini aussi les préparations de bouffes car la famille était française. Fini les entraînements de foot puisque c’était une fille…française.
En revanche, bienvenue les cours d’orthografe, de gramère, et de comjugézon. J’aurais du m’en douter.
Stressée, déprimée, aigrie, et laide, cette femme m’avait déplu lors de notre petit entretien. J’aurais du le voir venir plus tôt, naïf que j’étais. Or, même si j’avais senti le « mauvais trip », j’avais pensé que cela n’était qu’une sensation ( et j'avais besoin de rester ici). Je me trompais !
Je passais quatre mois avec elles ! (Ou elles avec moi) Je ne servais que de tuteur à cette jeune créature effrayée de tout, effrayée par tout, et cela sans arrêt. Il était évident qu’elle allait avoir besoin d’une sacrée longue thérapie!
Ainsi, chaque soir après l’école, je devais la faire bosser comme une esclave sur ces leçons du jour. Il me fallait lui faire répéter ses récitations, ressasser ses tables de multiplication, et réviser le français. Pauvre enfant. Pour cette mère névrotique, la réussite scolaire était une priorité ! Je répète une priorité ! Sa fille devait réussir à l’école. Je répète : sa fille devait réussir à l’école !
Nos discussions du dîner étaient minimes voire inexistantes puisqu’à 20h30 la demeure était déjà assoupie ! Lorsque les soirs je quittais ce camp de redressement pour aller retrouver un peu de chaleur chez ma douce, on me regardait d’un œil mauvais tout en se jetant du sel par dessus l’épaule...j'exagère à peine!
J’eus beau tenter d’apporter un peu d’humanité dans ce goulag, rien ne pu affecter la morosité de la maisonnée. Pour un peu, elles m’auraient emmenées dans leur déprime ces deux là. Détestant les américains, détestant l’Amérique, détestant la bouffe exotique, détestant les gens, détestant presque la Vie, cette femme était bloquée ici, malgré elle. C’était fort triste.
Elle faisait de sa condition une couverture de morosité avec laquelle elle voulait envelopper sa fille et le monde autour d’elle.
Ainsi, quand elle me paya le fameux billet A/R afin que j’obtienne un nouveau visa, je fus « delighted ». Cet emploi ne me plaisait point, mais au moins il me permettait de rester près de ma douce, et de gagner un peu de brouzoufs. Les choses allaient changer. A SUIVRE.


