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Dimanche 5 mars 2006

Continuant mes aventures rafraîchissantes de mon installation à les zeta zunis de les zamerik.

Comme je le précisais hier , je décidais donc de quitter ma première famille. Il me faut ajouter que pendant ma première année ici, je prenais un cours d’anglais donné par une volontaire. Une fois par semaine dans l’église du coin de la rue, j’allais papoter avec des mamies et des papis du Nicaragua, du Salvador, du Vietnam, et j’en passe, tout cela afin d'acquérir les bases d'anglais oubliées en 3 ième. Ces rencontres avec ces immigrés de tous horizons venus refaire leur vie à un âge avancé, m’enseigna beaucoup sur les sacrifices que certaines personnes étaient prêtes à faire pour « vivre mieux, vivre en paix ».
Humilité s'il vous plait !
Bref, un jour, à ma grande surprise se pointa, une petite mamie française. Nous discutâmes longuement, et elle finit par me dire que sa fille cherchait un baby-sitter (un illégal pour que cela ne coûte pas trop cher, hein ?) Tenant à continuer cette expérience à les zeta zunis de les zamerik, j’acceptai ce job et je quittai la première famille. Adieu veaux, vaches, oeufs, cochons, et viande séchée.
Cette fois-ci ce fut d’une fille de 10 ans dont je m’occupai. Fini l’anglais puisque cette fois-ci la famille était française. Fini aussi les préparations de bouffes car la famille était française. Fini les entraînements de foot puisque c’était une fille…française.
En revanche, bienvenue les cours d’orthografe, de gramère, et de comjugézon. J’aurais du m’en douter.
Stressée, déprimée, aigrie, et laide, cette femme m’avait déplu lors de notre petit entretien. J’aurais du le voir venir plus tôt, naïf que j’étais. Or, même si j’avais senti le « mauvais trip », j’avais pensé que cela n’était qu’une sensation ( et j'avais besoin de rester ici). Je me trompais !
Je passais quatre mois avec elles ! (Ou elles avec moi) Je ne servais que de tuteur à cette jeune créature effrayée de tout, effrayée par tout, et cela sans arrêt. Il était évident qu’elle allait avoir besoin d’une sacrée longue thérapie!
Ainsi, chaque soir après l’école, je devais la faire bosser comme une esclave sur ces leçons du jour. Il me fallait lui faire répéter ses récitations, ressasser ses tables de multiplication, et réviser le français.  Pauvre enfant. Pour cette mère névrotique, la réussite scolaire était une priorité ! Je répète une priorité ! Sa fille devait réussir à l’école. Je répète : sa fille devait réussir à l’école !
Nos discussions du dîner étaient minimes voire inexistantes puisqu’à 20h30 la demeure était déjà assoupie ! Lorsque les soirs je quittais ce camp de redressement pour aller retrouver un peu de chaleur chez ma douce, on me regardait d’un œil mauvais tout en se jetant du sel par dessus l’épaule...j'exagère à peine!

J’eus beau tenter d’apporter un peu d’humanité dans ce goulag, rien ne pu affecter la morosité de la maisonnée. Pour un peu, elles m’auraient emmenées dans leur déprime ces deux là. Détestant les américains, détestant l’Amérique, détestant la bouffe exotique, détestant les gens, détestant presque la Vie, cette femme était bloquée ici, malgré elle. C’était fort triste.
Elle faisait de sa condition une couverture de morosité avec laquelle elle voulait envelopper sa fille et le monde autour d’elle.
Ainsi, quand elle me paya le fameux billet A/R afin que j’obtienne un nouveau visa, je fus « delighted ». Cet emploi ne me plaisait point, mais au moins il me permettait de rester près de ma douce, et de gagner un peu de brouzoufs. Les choses allaient changer. A SUIVRE.

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Dimanche 5 mars 2006
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Samedi 4 mars 2006

Il temps de plonger dans le passé, et ce week-end je vous propose de vous emmener plusieurs années en arrière. Certains d’entre vous, n’étaient pas nés d’ailleurs. Je ne donnerais pas de nom mais simplement ELLES ont, soit une peau verte, soit une hyène pour amie. Je n’en dirais pas plus…
Si vous suivez mes aventures blogesques depuis le début, vous aurez appris que pendant de nombreuses années, je pratiquai le très demandant métier de berger d’enfants (baby-sitter si vous voulez).

Non, je n’étais pas un « Au Pair », mais simplement, un travailleur illégal parmi les autres. Arrivé à les zeta zunis avec simplement une adresse, un numéro de téléphone, et une valise en croco, je dus poireauter plus de quatre heures dans l’aéroport avant de me faire récupérer par ma famille d’accueil. En fait de famille d’accueil il s’agissait d’une mère divorcée en fort mauvaise santé, et de son petit garçon de 8 ans. Je ne parlais quasiment pas anglais, et je disposais d’un visa touriste de 6 mois. Je me souviens plutôt bien du passage à l’immigration. J’avais demandé un visa de 9 mois au patibulaire douanier.  Aussitôt, ils m’avaient envoyé dans un second bureau pour un nouvel entretien où l’on m’avait demandé pourquoi je voulais rester plus longtemps que les 6 mois autorisés.
 « Ben vous voyez, je dispose de 280 millions de francs (rappelez-vous c’était y’a longtemps) obtenu suite à un commerce d’animaux exotiques un héritage, et j’ai pensé passer du temps – et de l’argent, dans votre absolument merveilleux pays où les gens sont merveilleux. D’ailleurs vous, vous êtes merveilleux, et puis votre collègue, là, même s’il est vraiment obèse, ben moi je le trouve merveilleux. En y pensant, je n’ai jamais vu un bureau si merveilleux, avec des sièges si merveilleux. Je suis certain que votre arme, elle est merveilleuse aussi. L’air sent si merveilleusement bon dans ce merveilleux pays des merveilles. »
 « Bon ça va dégagez ! Les voilà vos six mois »
Avec ce cirage de chaussures en bonne et due forme, ils ne purent que me laisser filer. Rappelez-vous, je négocie plutôt bien. Pendant un an, je m’occupai du petit, participant à toutes les activités de l’enfant, lavant son maudit linge, devenant soudainement « entraîneur de foot » (Français = joueur de foot – Français = buveur de vin ; Français = mangeur d’escargots ; Français = séducteur « de la mort »). Ces six mois furent une réelle expérience car à cette époque-ci les moyens de communications outre-atlantique n’étaient pas aussi bien développés que de nos jours. Ma môman me manquait ! Combien de bouteilles ai-je jeté dans la mer?  Combien de pigeons se sont perdus entre le Labrador et la côte du Groenland?
Ce ne fut pas aisé d’être loin de ses repères culturels, surtout à mon âge avancé.
Il me fallu apprendre une nouvelle langue, certes, il me fallu apprendre à m’adapter à une nouvelle culture, certes, mais plus que tout, il me fallu mettre en place un plan de bataille pour m’assurer que le petit morveux m’obéisse au doigt et à l’œil. Le premier soir où nous dînâmes ensemble seuls - la mère étant parti goûter des breuvages fermentés avec ses accointances du moment, ce petit ladre trouva original d’aller vider son assiette de viande derrière un des fauteuils du salon tandis que j’étais allé uriner. Seulement, ce n’était pas sans compter sur deux choses :

# 1 : Je l’avais déjà fait ce coup là (les cicatrices dorsales étant présentes pour me le rappeler)
# 2 : Ma chambre se trouvant au sous-sol et la maison disposant d’un sol aussi épais qu’une tranche de jambon, j’avais entendu l’animal se déplacer.

# 3 : Impossible d’avaler 650 grammes de filet mignon en moins de deux minutes.

Même si je n’osai pas lui faire avaler la carne couverte de poils de moquette, je me dis que ce travail allait être « challenging ». Cependant, les jours et les semaines passèrent et nous arrivâmes à développer une réelle amitié l’un avec l’autre. Au bout d’un mois il  allait chercher la balle quand je la lui lançait, au bout de trois il mangeait ses croquettes plutôt facilement, au bout de quatre mois « assis, couché, va chercher » était très bien compris en français. Seulement, les six mois arrivèrent, et d’un commun accord, je décidai de prolonger mon « contrat » pour encore six mois. La mère m’acheta un billet A/R sur une compagnie aérienne Pakistanaise, et je pus revoir ma famille pendant une quinzaine de jours. Les six mois suivant passèrent très rapidement, trop rapidement. En effet, j’étais entre temps tombé terriblement amoureux de ma future femme. Il fallait que je reste encore « un peu » pour voir si, pour voir si…enfin pour voir si ça pouvait, you know, marcher…A la fin du mois de juillet, je décidai de quitter la famille pour une autre famille qui m’annonçait encore plus de liberté et encore moins de travail. A SUIVRE.

MON PREMIER FILM ICI:

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Par Pi - Publié dans : Me and...
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Vendredi 3 mars 2006

Il y a quelques jours encore, je vous disais combien les vêtements et moi faisions bande à part, ou plutôt part de bandes.
Seulement, même si la vie à l’air nu dans les prés m’enchante fortement, ou plutôt la vie des prés nus dans l’air m’enchante fortement, l’herbe ça pique. Et puis,  l’hiver tout semble perdre en volume. Au cas où ne le saviez pas, le froid a tendance à faire fondre ? Diminuer ? Disparaître ? Rétrécir les bourses masculines au point de les faire ressembler à de petits (tout petit même) M&M’s (attention cela peut choquer les plus jeunes lecteurs). Pour cette unique raison, les hommes préhistoriques ayant bien compris que pour attirer les diverses femelles de la troupe, il fallait cacher son attribut, décidèrent, lors de leurs migrations vers des latitudes nordiques, d’opter pour des pelisses de chats de chez « Chatnel ». Quand ces dernières avaient fait leur usage, ils allaient simplement chasser un autre félin, un mammouth, et se taillait un sous-pull, une salopette, ou un pantalon pat d’ef’ (trop fort dans un mammouth) dans la peau de la créature.  
Et puis virent les fripes en lin et les lins fripés, les laines qu’on tond, les cotons qu’on aime, la laine pas fraîche, et  les soies soyeuses seyant si bien aux fées.

Enfin, nous arrivâmes au nylon, polyester et autres fibres qui composent aujourd’hui 117% de notre garde-robe.

Au même titre que la mécanique me provoque des poussées  de pustules sous les aisselles, le lavage de linge provoque en moi un gonflement des ganglions lymphatiques et des saignements de nez fort embarrassant.

C’est vrai ça ? Quelle plaie ! Pourquoi laver ses vêtements d’abord ?
A partir d’aujourd’hui, je refuse absolument  de laver mes vêtements.
J’ai déjà essayé, vous me direz, et ce pendant un mois, mais on me regardait bizarrement dans le métro, et ma femme n’osait même plus manger son Kloug (colmatté avec du schpountz bien sûr!) quand je descendais dans la cave.  

Pourquoi ne brûlerions nous pas nos sales slips crottés ? 
Pourquoi ne brûlerions nous pas nos chaussettes craquantes et nauséabondes ?
Pourquoi ne brûlerions nous pas nos t-shirts jaunis à la jonction du bras et de l’épaule ?
A vos torches citoyens !
Avec l’invention de la « machine-à-prétendre-que-les-fringues-sont-propres », ce fut la révolution dans les ménages. Les hommes avaient ENFIN plus de temps avec leurs femmes pour, pour, pour…ben oui, pour vous savez, le vendredi soir…
C’était la fin des tours au lavoir et des coups de battoirs.

Cependant quand « il n’y a plus rien à se mettre » (et que le porte-monnaie est maigre), la femelle se décide de « faire une machine » comme on dit dans le langage familier. Notez que « faire une machine » n’a absolument aucun sens d’un point de vue sémantique. On pourrait tout à faire dire lorsque nous allons aux toilettes : « Monsieur le Président, mes chers compatriotes, excusez-moi, mais je vais faire une machine ! »
Revenons à nos chiffons…
Cette révolution fut suivie par l’invention de le sèche de le linge . Dans un premier temps, la nature servit (et sert toujours) de sèche-linge naturel. Le soleil et le vent étant nos alliés - A noter que si vous habitez en  milieu rural profond vous étendez encore vos fripes à la vue des voisins, et autres visiteurs. Combien d’heures ai-je passé les jumelles à la main à admirer les slips et les soutiens-gorge de ma voisine, tout en imaginant ce qu’il y avait à l’intérieur. « Purée c’est donc pas des implants mammaires qu’elle a ! Zut alors, le mythe s’effondre ! » Oh je vous vois me juger, mais c’est mieux que le catalogue de la Redoute page 456 quand même!

Donc je disais que le sèche-linge à révolutionner le nombre de machine qu’une famille fait pas semaine CAR on peut laver ses fringues autant qu’on le veut, encore faut-il les sécher ! Ah ha ! Vous n’y aviez pas pensé à ça ? Ben oui, essayez de porter des fringues mouillées l’hiver, c’est la  pneumonie assurée!

Pour terminer dans ce domaine des trucs qu’on doit faire mais qu’on ne doit pas vraiment faire. (vous me suivez ?) Je dirais que les fringues lorsqu’elles sortent du sèche-linge, elle sont certes, sèches, archi-sèches que même, mais chiffonnés comme une feuille de papier d’aluminium dans laquelle vous faites cuire vos pomme de terre à la braise. C’est inhumain ! Qu’on abatte les sèche-linge sur le champ !

Comme si ces efforts de lavages et séchages n’étaient pas suffisant, bien souvent il faut faire le repassage. Non mais franchement ça je déteste. D’ailleurs, JE NE REPASSE JAMAIS, enfin si, je repasse juste mes chaussettes car les petits plis me gênent quand je mets mes sandales. Mais qui m’a inventé le repassage ? Qu’on me donne son adresse email que je le spim, spam, spoum !
Je vous le dis alors camarades :
Joignez-vous à moi, ou joignez moi à vous,  et déclarons cette journée :
La journée mondiale de le brûlement de les fripes. (Un Euro sera versé, pour chaque vêtement détruit, à ce groupuscule )

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