J’aime les enfants. Enfin, laissez moi me reprendre, j’aime MON enfant. Ceux des autres, je les trouve laids, malpolis, et ignares. Le mien, quand il sort à la lumière, est docile, bien élevé, et extrêmement beau. Pour toutes ces raisons, ma femme et moi avons pensé le vendre. Pas en un seul morceau, cela serait une perte, mais en pièces détachées « ça rapporte plus ! »
Lors de mon arrivée dans cette nouvelle famille, le petit garçon de 5 ans allait au Lycée Français de Rochambeau. Non pas qu’à 5 ans, il allait au Lycée (je vous vois venir), le Lycée Français Rochambeau étant l’école française de le Washington DC area. C’est l’endroit où les diplomates, les expatriés aisés, et les francophiles/francophones divers envoient leur progéniture. (Tarif annuel pour l’année 2005-2006 : Maternelle: $ 10,033 ; Primaire: $ 8,938 ; Collège: $ 10,122 ; Lycée: $11,587 ) - Le père francophile tenait à ce que son fils parle parfaitement le français, et ce fut une des raisons pour lesquelles il me choisit parmi les aucun autre candidat.
Bref, hormis les difficultés de lever un enfant de cet âge, de l’habiller, de le laver (cf la photo du jour), et de le nourrir, je fus fort surpris de voir avec quelle docilité il monta dans la voiture pour se rendre à l’école ce premier matin. La mère, quasi absente ce jour là, me lança tandis que je sortais du « driveway » que je risquai de rencontrer quelques difficultés à l’école. Il ne fallait surtout pas que je m’inquiète.
« Hum, hum. Etait-ce un conseil ou un avertissement ? » pensais-je.
Ce n’est qu’une fois à l’école, que ces paroles résonnèrent dans mon crâne. La petite crapule. (Et là je vous fait la version soft, hein !)
Alors que je garai la voiture, en double file, warnings en pagaille, cet animal décida qu’il était absolument hors de question qu’il sorte. Devant son refus, je commençai la négociation :
« Bon, nous sommes à l’école maintenant. Il faut sortir là. Les gens attendent derrière nous. »
« Non, non, non, non, non, et re-non »
« Je te promets de t’acheter des bonbons et des posters des filles Barbapapa nues. »
« Noooooooooooooooooo ! »
« Ok, je te promets de ne pas te faire trop souffrir avant de t’égorger, sale petit merd…Si je t’attrapes je te promets de te garder pour DEUX soirées du 12 ! Rhââââ ! »
Ce petit jeu, et quel jeu, dura un peu trop longtemps à mon goût, et je me décidai de le sortir de force du véhicule. Seulement, cela n’était pas sans compter sur le fait que ce petit saligaud allait continuer le cirque en s’enfermant à l’intérieur de la voiture. Non mais je rêvais ! Les parents qui venaient déposer leurs petits anges, découvrant un nouveau visage, me regardait en pensant certainement que j’étais le pire des pères que la terre est pondue :
« Regarde moi ce papa, mon chéri, il est terrorise son enfant. Tu as de la chance d’avoir une maman comme moi.» Dit une pétasse en passant.
« Monsieur, je peux vous aider…» Me proposa une autre.
« Non, non ça va aller, c’est son premier jour avec moi, je suis juste son baby-sitter. C’est normal m’a dit sa maman » Répondis-je alors que je pensais plutôt dire cela :
« Allez me chercher mon fusil à pompe que je le finisse ce connard ! »
Heureusement, j’avais eu la lumineuse idée de garder les clefs avec moi, et au prix de grands efforts et de grandes ruses (se cacher en l’occurrence), j’arrivai à lui mettre la main dessus. Je le sorti de force, toujours devant tout un tas de parents, alors qu’il continuait à hurler et à se débattre. Il me fallu même le décrocher de la carrosserie doigt par doigt, pour vous dire! Une fois que nous fûmes dans l’école, et proche de la maîtresse, celui-ci redevint le petit ange qu’il était 20 minutes auparavant.
« Petit enc… » Ne pouvais-je m’empêcher de penser tandis que je quittais les prémices. Ouf ! Je respirais enfin.
Cela dura 14 secondes. A SUIVRE.


